L’Uruguayen a la dent dure

Denis Sieffert  • 26 juin 2014
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L’Uruguayen a la dent dure

La commission de discipline de la Fifa est dans l’embarras. Il existe bien un barème de sanctions pour le jeu dangereux, tacles par derrière et autres pieds levés, ou pour les «coup de boule» (souvenir, souvenir…), mais pas pour les flagrants délits de morsure.

Or, c’est bien ce dont s’est rendu coupable l’inquiétant avant-centre uruguayen Luis Suarez qui a planté ses crocs dans l’épaule du joueur italien Giorgio Chiellini. Il n’y a que ceux qui ne veulent pas voir qui n’ont pas vu. Accessoirement, Suarez a commis une autre faute. Pour tenter de dissimuler son forfait, il s’est immédiatement roulé par terre en se tenant la tête comme s’il avait lui-même été victime d’une agression, alors que le joueur italien ne l’a pas touché.

Illustration - L’Uruguayen a la dent dure - L'italien Giorgio Chiellini montre une marque de morsure, tandis que Luis Suarez retient ses dents, le 24 juin à Natal, Brésil. (DANIEL GARCIA / AFP)

C’est devenu une affaire d’État à Montevideo (qui n’est visiblement pas la capitale de la vidéo) où même le bon président José Mujica s’est cru obligé de défendre son joueur vedette. Mais, normalement, Suarez ne devrait pas échapper à son sort, car il a déjà un lourd passé de carnassier.

En 2010, sous le maillot de l’Ajax d’Amsterdam, il avait déjà mordu un joueur lors d’un match de championnat des Pays-Bas, et il avait récidivé en 2013, alors qu’il jouait à Liverpool. Il s’était aussi fait remarquer de la pire façon en traitant de «negrito» Patrice Evra tout au long d’un match Liverpool-Manchester United.

Il serait peut-être temps d’écarter définitivement ce personnage des terrains de football. A moins qu’on veuille le garder comme représentant de la corporation des tricheurs. Ils sont nombreux dans cette coupe du monde…

L’affaire Suarez pose un autre problème que l’on ose à peine formuler : ce garçon est-il dans son état normal quand il est sur le terrain ? Dans tous les cas, les Uruguayens auraient tout intérêt à se désolidariser de ce personnage. A moins qu’ils veuillent donner crédit à l’un de ces «adages» qui ont fait la gloire de feu Thierry Roland, du genre : «L’Uruguayen a la dent dure» .

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