Dossier : Peut-on encore aimer le foot ?

Peut-on encore aimer le foot ?

Pour être un bon produit, le foot doit aussi rester un jeu et un spectacle de qualité. Mais trop de facteurs politiques et commerciaux exercent aujourd’hui une véritable violence sur le sport lui-même pour qu’on puisse goûter innocemment le « jeu » et le « spectacle ».

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


À chaque manifestation sportive, la question se pose. Faut-il haïr les Jeux olympiques ? Faut-il détester le football ? C’est l’un des personnages les plus controversés – après avoir été l’un des plus admirés – qui nous suggère une réponse méritant d’être réinterprétée : « Le football est un jeu avant d’être un produit, un sport avant d’être un marché, un spectacle avant d’être un business. » C’est en ces termes que Michel Platini plaidait pour sa candidature à la présidence de l’Union européenne de football association (UEFA) en 2007. Un seul mot est contestable dans ce plaidoyer pro domo de Platini pour le sport qui l’a fait doublement roi : « avant ». Pour les États, les grandes marques, les annonceurs, les équipementiers et les instances sportives, il y a belle lurette que le football est un produit, un marché et un business, avant d’être un jeu. On nuancera cette affirmation en soulignant que, pour être un bon produit, le foot doit aussi rester un jeu et un spectacle de qualité. Mais trop de facteurs politiques et commerciaux exercent aujourd’hui une véritable violence sur le sport lui-même pour qu’on puisse goûter innocemment le « jeu » et le « spectacle ». À l’heure où s’ouvre la Coupe du monde au Brésil, avec ses dépenses somptuaires dans un pays toujours en proie à une grande misère (voir Politis n° 1306), la question se pose avec une particulière acuité. D’autant plus qu’au même moment les instances du football sont confrontées à ce qu’on appelle déjà le « Qatargate », avec l’attribution de la Coupe du monde 2022 à l’émirat arabe. Et pourtant, en dépit de ces réalités souvent détestables, nous sommes certains à assumer nos contradictions en regard d’un sport qui est aussi marqué par un fort enracinement social, et que nous nous obstinons à aimer…


Photo : David Ramos/Getty Images/AFP

Haut de page

Voir aussi

En Artsakh, sous les bombes

Monde accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.