Le film qui mit l’Amérique face à elle-même
Il y a 25 ans, sortait Do The Right Thing, de Spike Lee, œuvre antiraciste qui fit polémique. L’anthropologue Pauline Guedj revient sur son histoire.
dans l’hebdo N° 1313-1315 Acheter ce numéro

Le 30 juin 2014, à Los Angeles, l’Académie des Oscars accueille une cérémonie spéciale célébrant les 25 ans de Do The Right Thing. Sur scène, plusieurs des personnalités à l’origine de cette œuvre : son scénariste-réalisateur-acteur, Spike Lee ; certains de ses comédiens, Richard Edson, Roger Guenveur Smith ; et Chuck D, rappeur du groupe Public Enemy, auteur du titre Fight The Power, figurant sur la bande originale. On évoque l’ambiance du tournage. On parle des réactions des critiques à la sortie du film et de son message. « Ce que nous cherchions à faire, explique Spike Lee, c’est raconter ce qui se passait dans les quartiers, la vérité. En fait, nous avons été plus loin. Nous avons prédit l’avenir, les émeutes de Los Angeles, la gentrification… » Lorsque, en 1987, Spike Lee se lance dans l’aventure Do The Right Thing, il vient d’achever son deuxième opus, School Daze, un film satirique dressant le portrait des universités noires américaines. Le réalisateur est une personnalité montante du cinéma indépendant. En 1986, déjà, son premier long métrage, She’s Gotta Have It ( Nona Darling n’en fait qu’à sa tête ), lui avait valu un succès d’estime auprès du public et de la critique.
Pour son film suivant, Spike Lee a plusieurs idées. D’abord, il souhaite une unité de lieu, un pâté de maisons du quartier noir de Brooklyn, Bedford Stuyvesant, et une unité de temps, une seule journée. Le cinéaste veut construire, à l’image d’une tragédie grecque, une situation qui s’installe, se développe et se dérègle, aboutissant
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