Compte à rebours du climat. Un mois d’août torride et dix bonnes raisons de manifester pour le climat

Claude-Marie Vadrot  • 21 septembre 2014
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432 jours. C’est le temps qui reste à la planète et aux politiques avant le début de la 21 éme conférence sur le climat qui se tiendra prés de Paris, au Bourget, à partir du 30 novembre 2015, après avoir été préparée à Lima en décembre 2014. Comme le temps passera très vite pour la montée inexorable du dérèglement climatique, fait de réchauffement, de tempêtes, de froid inattendu, de graves variations pluviométriques, d’erreurs d’appréciation et de dénis, il est déjà urgent et nécessaire d’en tenir une chronique politique, scientifique et économique. Le lecteur trouvera donc régulièrement ici les informations, bonnes ou mauvaises, liées au réchauffement de la planète et à la froideur ou à l’indifférence des politiques qui s’agitent en paroles, paroles, paroles…

Ceux qui auront manifesté ce dimanche 21 septembre dans le monde entier pour réclamer des mesures et des décisions, ne sont pas assez nombreux. Les autres sont anesthésiés par la plupart des responsables politiques manipulés par les industriels qui veulent « polluer comme avant ». Avec l’appui des scientifiques à leur service pour dénigrer et calomnier les chercheurs du GIEC qui se battent pour alerter la France et la planète. Ils savent qu’en ce mois de septembre il est possible de répertorier au moins dix raisons d’être inquiets.

1° Les chefs d’Etat ont choisi de se réunir à l’ONU pour disserter sur le climat. Ce qui leur permet de parler à l’abri des scientifiques tout en gaspillant notre capital de gaz carbonique ; alors qu’en allant à Lima au mois de décembre prochain ils auraient du affronter les spécialistes qui ne font pas de discours.

2° Cela vient de sortir : le mois d’août 2014 a été le plus chaud dans le monde depuis que le début des relevés météo en 1880 ; et la température moyenne à la surface des mers et océans a également augmenté, ce qui est facteur de phénomènes météo plus violents.

3° D’énormes trous provoqués par les violentes émanations de méthane, se forment par milliers dans le nord de la Sibérie. Les émanations de ce gaz à effet de serre proviennent du dégel du permafrost provoqué par le réchauffement de l’atmosphère…qu’il contribue à accélérer.

un des milliers trous de méthane se formant en Sibérie

Illustration - Compte à rebours du climat. Un mois d'août torride et dix bonnes raisons de manifester pour le climat

4° Alors qu’un certain nombre de pays industrialisés, dont la France, se vantent, (ce qui reste à prouver), de plus ou moins réussir à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, les mêmes nations achètent de plus en plus de produits dans les pays du Sud, en Asie ou ailleurs ; ce qui reporte dans ces pays la production des gaz à effet de serre soi-disant économisés.

5° Dans une étude passionnante, le dernier numéro du National Geographic Magazine, explique et montre qu’aux Etats-Unis et ailleurs, toute notre civilisation a été bâtie sur la fonte annuelle des neiges pour alimenter lacs, fleuves et rivières. Mais les auteurs se demandent ce qui va se passer si la neige manque de plus en plus souvent…

6° Les Pays-Bas viennent de rendre public un gigantesque programme de plusieurs milliards d’euros de travaux et d’adaptation (ce n’est pas le premier) pour tenter de mettre une partie du pays à l’abri de la montée du niveau de la mer que constatant leurs spécialistes. 40 % de leur territoire se situe en dessous du niveau actuel de la mer.

7° D’après une étude publiée en début du mois de septembre aux Etats Unis par « Le journal du climat », il y a 80% de risque que la terrible sécheresse qui affecte tout le Sud-ouest de ce pays, dure au moins un dizaine d’années. Délai qui suffira à y changer définitivement le climat, à faire disparaitre quantités de lacs et de rivière et à transformer la biodiversité en désert.

8° Les épisodes cévenols qui viennent de faire des victimes et d’énormes dégâts dans le Sud de la France ne sont pas nouveaux. Simplement, ils sont de plus en plus violents et de plus en plus fréquents. Tandis que de nombreux élus continuent d’accorder des permis de construire (comme à l’a fait celui de la Faute sur Mer) dans des zones inondables. Les uns et les autres ne croient pas au changement climatique mais réclament des digues comme une panacée.

9° Les habitants des iles du Pacifique (Samoa, Tuvalu, Kiribati…) menacées par la hausse du niveau de la mer qui détruit une par une les dernières digues protégeant leurs terres de plus en plus salées, refusent un « statut de réfugiès climatiques » qui les marginaliserait. Ils veulent que la communauté internationale leur attribue de nouveaux territoires.

Les digues dérisoires de Tuvalu

Illustration - Compte à rebours du climat. Un mois d'août torride et dix bonnes raisons de manifester pour le climat

10° Et une bonne nouvelle pour finir : Marina Silva, l’ancienne ministre de l’Environnement virée de son gouvernement pour activisme écolo il y a quelques années, pourrait remporter l’élection lors de la présidentielle dont le premier tour est le 5 octobre.

11° Et une ultime mauvaise nouvelle : les participants aux « marches pour le climat » du 21 septembre ont reçu le soutien de Laurent Fabius….

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