Changer le nom du PS ? Ce que Hollande avait déjà répondu à Valls

Manuel Valls a repris cette semaine ce que François Hollande qualifiait de « disque rayé » quand il était le patron du PS. La «modernité» n’est pas de première fraîcheur.

Michel Soudais  • 26 octobre 2014
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Changer le nom du PS ? Ce que Hollande avait déjà répondu à Valls

Illustration - Changer le nom du PS ? Ce que Hollande avait déjà répondu à Valls - François Hollande à La Rochelle, le 2 septembre 2007 (PIERRE ANDRIEU / AFP)


Changer le nom du PS ? « Pourquoi pas » , répond Manuel Valls dans l’entretien qu’il a accordé à L’Obs , cette semaine, pour le lancement de sa nouvelle formule. Ce changement de nom, le Premier ministre l’envisage, il l’a précisé jeudi matin sur BFM-TV, au « bout [d’un] processus » qui verrait l’ensemble des « progressistes » (appellation vague qui désigne aussi bien le PRG et les « hue-iens » que le MoDem ou les gaullistes de progrès) se regrouper dans une « maison commune » .

Ce n’est pas la première fois que Manuel Valls envisage de changer le nom du PS. Avant même de publier en 2008, un livre d’entretien[^2] au titre éloquent, Pour en finir avec le vieux socialisme .. *. et être enfin de gauche ! (Robert Laffont)* , le député maire d’Evry avait suggéré que le Parti socialiste «change de nom» et «dépoussière» son fonctionnement lors d’un passage dans le Grand Rendez-vous Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien. Et cela dès le 15 mai… 2007. Une proposition réitéré tout au long de l’été qui suivit et lui avait valu d’être remis à sa place par le Premier secrétaire du PS à l’université d’été de La Rochelle.

Dans son discours de clôture du rassemblement estival des socialistes, le 2 septembre 2007, François Hollande avait brocardé les « rénovateurs » du PS et leur « disque rayé » , au premier rang desquels figurait Manuel Valls : « Rénovation. Le mot est vieux comme le Parti socialiste. A chaque défaite, un rénovateur s’annonce, parfois plusieurs, j’en ai fait partie. Les formules sont connues: ‘ouvrir les portes et fenêtres’, que n’ai-je entendu ça ? Comme si nous vivions cachés, comme si n’avions pas fait venir 100.000 nouveaux adhérents. » **

Le PS est « une marque »

Le premier secrétaire avait ensuite récusé l’ « idée en vogue » de changer le nom du parti dans un passage particulièrement applaudi de son discours : « Je me souviens d’une réflexion de François Mitterrand quand, en 1993, après une défaite terrible, cette proposition d’un changement de nom courrait. ‘Faites à votre guise, disait-il, mais réfléchissez bien. Cela fait 100 ans que l’on se bat pour imposer la marque, si vous la laissez tomber, il y en aura bien un qui se baissera pour la ramasser.’
Quand on a le flambeau du socialisme, non seulement on le garde, mais on le porte. »

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555 HOLLANDE A LA ROCHELLE DISCOURS 02 par latelelibre

Que les propos rapportés de François Mitterrand soient authentiques ou apocryphes importe peu. Il est surtout intéressant d’observer que pour François Hollande, qui les reprend à son compte, le PS est « une marque » qu’il faut conserver sous peine de voir la concurrence s’en emparer. Et ceci même (surtout?) si le contenu n’a plus grand chose à voir avec l’étiquette.

Quelques mois plus tôt , au lendemain de la défaite présidentielle de mai 2007, François Hollande refusait de rénover le PS sur une ligne social-démocrate, comme le suggérait Dominique Strauss-Kahn. Un soir qu’il était invité de l’émission « France Europe Express » sur France 3, le patron du PS avait estimé que la social-démocratie est « un modèle assez vieillissant, c’est un vocabulaire qu’on utilisait dans les années 70 ou 80 » . Quant au « social-libéralisme » , il « est peut-être déjà passé de mode » , ajoutait-il[^3].

Ironie de l’histoire , François Hollande envisageait alors d’ « inventer une nouvelle stratégie » qui ferait du PS à l’horizon 2012 un « grand Parti socialiste qui couvre tout l’espace qui va de la gauche, sans aller jusqu’à l’extrême gauche, jusqu’au centre-gauche ou au centre » . Et à la question de savoir si ce « grand parti pourrait s’appeler ‘Parti de gauche’ » , M. Hollande avait répondu, comme Manuel Valls à L’Obs  : « Pourquoi pas? »

[^2]: Avec le journaliste Claude Askolovitch.

[^3]: Dépêche AFP 4 NR40 FRS 0015 140507-01h28.

Temps de lecture : 4 minutes
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