Fidaï

Un jeune réalisateur revisite l’histoire de la guerre d’indépendance à travers son grand-oncle.

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Les Algériens qui ont participé à la guerre de libération sont vieillissants, beaucoup disparaissent en ayant gardé le silence sur ce passé qui a désormais soixante ans. C’est ainsi un large pan de la mémoire collective qui disparaît de l’autre côté de la Méditerranée, laissant toute la place à l’histoire officielle. Le documentaire de Damien Ounouri, Fidaï, s’oppose à cet état de fait : le jeune réalisateur revisite l’histoire de la guerre d’indépendance à travers son grand-oncle, El Hadi, qui a accepté, à 70 ans, de lui raconter pour la première fois ce qu’il a vécu. Prenant pour fil rouge un poème de Pier Paolo Pasolini extrait de la Rabbia (la Rage), « Liberté », Damien Ounouri suit son grand-oncle sur les lieux de sa jeunesse combattante. Des champs en Algérie où il était jeune paysan et où est né en lui le sentiment de révolte contre le colon jusqu’aux rues parisiennes où il a pris part à la lutte fratricide que se menaient les factions rivales des indépendantistes algériens, le FLN et le MNA. En même temps qu’un travail d’éclaircissement sur des événements qui méritent encore aujourd’hui d’être (ré)examinés, Fidaï est un acte de remémoration difficile et douloureux de la part d’un homme dont une partie de la vie est indissociablement liée, pour le pire et le meilleur, à une histoire tragique en train de s’accomplir.


Fidaï , Damien Ounouri, 1 h 22.

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