Delphine Batho : « La seule chose à faire, c’est annuler Sivens »
Pour la députée PS Delphine Batho, ex-ministre de l’Écologie, le scandale du barrage tarnais découle de l’abandon par le gouvernement d’une politique de l’eau ambitieuse au profit d'intérêts privés.
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Ce sont des décisions prises au cœur de l’État, à la suite de son limogeage, qui ont conduit à l’affaire de Sivens, révèle l’ancienne ministre. Si les travers du dossier et les dysfonctionnements de son instruction sont largement à mettre au compte de la pratique d’élus locaux, le feu vert pour ce type de barrage dévolu à l’irrigation a été donné par le gouvernement, qui a fait passer l’environnement au second plan au profit d’intérêts particuliers.
Dans l’affaire de Sivens, les autorités avaient été saisies depuis de longs mois par les associations écologistes. L’intérêt général a-t-il été traité par le mépris ?
Delphine Batho : Les pouvoirs publics ont même été saisis très en amont : mon ministère avait été interpellé dès le printemps 2013 par le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet ainsi que la Fondation Nicolas-Hulot. L’enquête publique sur le barrage de Sivens concluait à un avis favorable, mais sous réserve de l’avis du Conseil national de protection de la nature. Or celui-ci a été défavorable au projet. En juin 2013, j’ai donc refusé, au titre de la loi sur l’eau et de la protection des espèces, la demande de dérogation présentée par le préfet du Tarn pour prendre deux arrêtés autorisant le
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