Bergounioux politique (« À flux détendu »)

Si l’un des écrivains français les plus importants d’aujourd’hui s’avoue distant et désenchanté vis-à-vis du débat politique, la chose publique ne lui est pas pour autant devenue étrangère.

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« Comment ne pas adopter une attitude distante, désenchantée du débat politique lorsqu’il élude ce qu’on tient pour le vif du sujet ? » Pierre Bergounioux est l’auteur de ces propos. Pierre Bergounioux, à la tête d’une riche bibliographie, dont Miette, la Mort de Brune ou le Baiser de la sorcière, l’un des écrivains français les plus importants d’aujourd’hui. Il s’exprime ici dans Exister par deux fois (Fayard, 296 p., 20 euros), un livre qui rassemble sept longs entretiens et quatre courts essais. Cette phrase de déçu de la politique, il la prononce pour expliquer pourquoi on en chercherait en vain la moindre allusion dans son journal intime, ses Carnets volumineux, composés aujourd’hui de deux tomes qui vont de 1980 à 2000. Combien de citoyens aujourd’hui ne sont-ils pas dans son cas ? Et comment ne pas les comprendre ? Mais voilà : si Pierre Bergounioux s’avoue distant et désenchanté vis-à-vis du débat politique, la chose publique ne lui est pas pour autant devenue étrangère. Au vrai, l’intégralité de ce livre, Exister par deux fois, respire la politique ! C’est que sa parole sur ce registre se confond intimement avec celle de l’écrivain. Aux antipodes des conceptions romantiques du génie créateur et de l’auteur éthéré et inspiré, Pierre Bergounioux pense la littérature en fonction de l’état d’une société et de son organisation. « La littérature ne constitue pas un monde à part, une activité autarcique, écrit-il. Elle se déduit, en dernier recours, des structures politiques. » Parmi d’autres réflexions, qui mêlent l’histoire, la mémoire et la sociologie, l’auteur d’ Une chambre en Hollande ose expliquer la différence entre un style de droite et un style de gauche. Le style, pour lui, « c’est une façon de voir, inséparable, indissociable d’une position dans l’espace social ». On ne s’interrogera pas longtemps sur celui de Pierre Bergounioux, qui porte haut « l’idéal égalitaire ».


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