Après les attentats, les défis de l’école
Dans la communauté éducative, l’heure est aux questionnements. Comment réagir face aux réactions violentes de certains élèves ? Comment parler du fait religieux en respectant le principe de laïcité ? Des enseignants témoignent.
dans l’hebdo N° 1337 Acheter ce numéro

Dès le lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’épicerie casher de la porte de Vincennes, les établissements scolaires ont été confrontés à des difficultés inédites. Près de deux cents incidents ont été répertoriés dans les écoles, dont quarante signalés à la police, ce qui suppose des violences. Mais combien d’autres ont été réglés par les enseignants et n’ont pas été comptabilisés ? Derrière ces chiffres, on perçoit le désarroi des profs : « Que faire devant des propos insupportables ? », résume Ingrid, professeur d’anglais en lycée professionnel à Paris et à Nanterre (92). « L’école est en première ligne », a reconnu la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, à l’Assemblée, le 14 janvier. Elle a promis des sanctions allant du rappel à l’ordre au conseil de discipline, voire plus lorsque les propos relèvent de l’« apologie du terrorisme ». Le portail du ministère a mis en ligne un dossier intitulé « Liberté de conscience, liberté d’expression : outils pédagogiques pour réfléchir et débattre avec les élèves ». Si l’école est aujourd’hui en première ligne, c’est qu’elle concentre et répercute la confusion qui ébranle la société tout entière au lendemain des attentats. Peut-on au moins espérer que cette réflexion entamée dans les pires conditions soit menée à son terme et sans tabous ? Avant cela, voyons comment les difficultés se sont manifestées.
La minute de silenceLes élèves qui ont fait du grabuge pendant la minute de silence sont majoritairement parmi les plus âgés (les petits, jusqu’en cinquième, étant surtout frappés par les morts), mais aussi parmi ceux qui perturbent déjà la classe d’ordinaire. Des « cas sociaux »,
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