CGT : Lepaon jette l'éponge, mais pas tout de suite

La commission exécutive confédérale s’est achevée sur des ambiguïtés et le prolongement de la crise dans la CGT. Thierry Lepaon ne se voit plus secrétaire général mais impose ses conditions.

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Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a fini par jeter l’éponge à l’issue de la commission exécutive confédérale (CEC) qui s’est tenue les 6 et 7 janvier au siège de la CGT, une démission qui était réclamée depuis deux mois par une large partie de la centrale après des révélations sur son train de vie. Sur la sellette, Thierry Lepaon a affirmé devant la CEC qu'il y aurait « un nouveau secrétaire général de la CGT la semaine prochaine » , a indiqué une source interne à l'AFP. Mais en imposant ses conditions, a précisé une source confédérale à Politis.

Cette source estime que la volonté du secrétaire général « prolonge la crise interne et provoquera une nouvelle confrontation lors d'une commission exécutive qui se réunira à nouveau lundi 12 janvier, la veille du comité confédéral national, loin des problèmes de fonds » . L'idée proposée par Thierry Lepaon est de nommer un nouveau bureau confédéral avec un administrateur alors que des opposants à Lepaon souhaitent la mise en place d'un collectif pour assurer le fonctionnement à la tête de la confédération et se donner le temps du débat interne pour sortir de la crise.

Le relevé de décisions de la CEC indique que la démission du secrétaire général et de l'ensemble des membres du bureau confédéral s'est accompagnée de la proposition « d'une nouvelle équipe de dix membres (bureau confédéral, secrétaire général et administrateur) devant être crédible, acceptable, responsable pour rassembler la CGT » . Cette proposition a été adoptée à la majorité (34 votes pour, 12 abstentions, et 4 contre). La nouvelle réunion du 12 janvier devra « arrêter les propositions du secrétaire général concernant le futur bureau confédéral ainsi que l'administrateur et le secrétaire général qui seront soumises au vote » du comité confédéral national (CCN) extraordinaire, le « parlement » de la confédération, prévu le 13 janvier. .

Ce nouveau calendrier diverge de celui présenté le 19 décembre, qui ne prévoyait pas de nouvelle réunion après la CEC des 6 et 7 janvier
« sur l’évolution des responsabilités au sein du bureau confédéral (secrétaire général, administrateur et autres membres) » avant le CCN extraordinaire. D'autant que le relevé de décisions indique que Thierry Lepaon doit s'entourer « de 3 ou 4 camarades pour travailler les propositions » .

La commission exécutive confédérale (CEC) s'est ouverte mardi 6 janvier dans une atmosphère de « fortes tensions » , souligne l’Humanité, dans son numéro du 7 janvier. Les « nouvelles informations » sur le salaire de Thierry Lepaon et les travaux dans son appartement et son bureau, contredisant en partie ses affirmations, « ont d'abord entraîné un silence de plomb dans la salle avant d'entraîner de vives réactions entre membres de l'exécutif » , raconte le journal. Lors de la réunion du 6 janvier, l’ensemble du bureau confédéral de la CGT, dont Thierry Lepaon, avait annoncé qu’il remettait en jeu son mandat, laissant le soin au CCN extraordinaire de la centrale, de trancher le 13 janvier.

A tous les niveaux de la centrale, militants, cadres et dirigeants avaient réclamé son départ. L’appel de l'ancien numéro un, Louis Viannet, autorité morale à la CGT, lui a porté le coup de grâce. De son côté, le dirigeant du PCF, Pierre Laurent, a souhaité « au plus vite » une CGT « en état de marche » , ajoutant que le syndicat allait « manifestement vers des changements importants » .

C'est la première fois dans l'histoire de la CGT depuis 1909 qu'un numéro un est contraint à la démission. « Il est évident que ce n’est pas le départ de Thierry Lepaon et du bureau qui suffira à dénouer la crise » dans la CGT, constate Stéphane Sirot, historien spécialiste du syndicalisme et des conflits sociaux (à lire dans l’Humanité du 7 janvier). Nombre d’organisations de la CGT demandent que le syndicat discute de ses pratiques et de ses orientations. Cette crise est donc aussi le fruit d’une ambiguïté sur ce qu’est devenue la CGT au fil des évolutions très importantes qu’elle a connues depuis une vingtaine d’années par rapport à ce qu’elle était historiquement, celui d’un syndicalisme de rapport de forces » .


Photo: CITIZENSIDE/ERIC BARBARA / CITIZENSIDE.COM

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