Dossier : Grèce : Ils montrent la voie

Les 35 heures : une idée neuve !

C’est avec la loi Macron que les socialistes s’apprêtent à célébrer les quinze ans du passage aux 35 heures. Une coïncidence qui en dit long sur leur déchéance idéologique.

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Triste anniversaire. C’est avec la loi Macron, qui promet de sonner le glas du repos dominical pour des millions de salariés, que les socialistes s’apprêtent à célébrer les quinze ans du passage aux 35 heures. Une coïncidence qui en dit long sur la déchéance idéologique de la gauche gouvernementale. Laquelle semble avoir définitivement troqué son combat historique et identitaire du « travailler moins pour vivre mieux » contre le dogme du productivisme. Il est loin le temps où la réduction du temps de travail faisait consensus à gauche et, on l’oublie trop souvent, à droite. Un temps où l’on ne trouvait pas incongru que la CFDT réclame la semaine de 32 heures ! En quinze ans, la dernière vraie conquête sociale de la gauche – quoi que l’on pense des limites des lois Aubry – est devenue un bouc émissaire pour les politiques de tout bord – ou presque – qui se sont méthodiquement employés à la ringardiser.

Anachronique ? Dépassée ? Entre un chômage endémique d’un côté, des travailleurs pressurés de l’autre, et alors que la croissance semble durablement atone, l’idée de partager le travail apparaît au contraire, et plus que jamais, une solution d’avenir. Elle contient aussi la promesse d’un nouveau rapport au monde, moins soumis au marché, où le temps libre retrouverait son pouvoir de « fascination », pour reprendre le joli mot de Michel Rocard. Il faudrait pour cela un peu de bon sens, et surtout du courage politique. Nous en sommes loin. Pour l’instant.


Photo : Matthieu Spohn / PhotoAlto / AFP

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