L'hommage des citoyens à Charlie Hebdo

[Diaporama] Quelques 100 000 personnes se sont rassemblées dans toute la France en solidarité avec Charlie Hebdo. A Paris, ils étaient 35 000 à se réunir place de la République en hommage aux victimes.

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17h, la place de la République est déjà bien remplie. Les regards cherchent et les visages sont un peu hagards comme s’ils se réveillaient d'un mauvais rêve. Des figures tristes, mais aussi révoltées et ouvertes. Spontanément, les dialogues se nouent. Mathieu, maître nageur sauveteur à Paris, explique les raisons de sa présence : «Je crois qu'aujourd'hui, on est au chevet de deux personnes malades : la culture et la liberté d'expression. Ces personnes sont atteintes d'une maladie très grave qui s'appelle l'obscurantisme, et qui, malheureusement, est insidieuse. Je suis venu soutenir la cause de ces personnes qui sont mortes pour défendre ces deux choses là.»

Au fur et à mesure que les minutes passent, la foule gonfle. Des jeunes, des moins jeunes, des militants, des non-militants, des personnes de tous horizons, et même des kurdes turcs qui viennent protester contre ces «massacres» et montrer leur solidarité aux journalistes français.

La pénombre de la nuit tombe et les bougies s'allument. Des bras se lèvent vers le ciel, mais ce ne sont pas des poings qui sont brandis, mais des stylos qu’une pancarte accompagne «Notre liberté d'expression, vous ne l'aurez pas» . Les personnes continuent d'affluer. Beaucoup portent sur eux des autocollants avec un symbolique «Je suis Charlie» , d'autres sont venus avec des banderoles pour délivrer leurs messages de soutien et de colère, d'horreur et d'indignation.

Parmi la foule, des journalistes qui se sentent évidemment particulièrement touchés par la situation. Une reporter de radio france livre ses impressions :

«Je suis anesthésiée depuis 11h30. En tant que citoyenne française, je crois qu'on peut dire, même si c'est fort, que c'est notre 11 septembre à nous. En tant que journaliste...ça nous touche nous, en tant qu'entité, que porteur de démocratie, porteur de l'information.»

Elle reprend «Après, je trouve qu'on en fait peut être un peu trop, j'ai reçu des instructions de ma locale, et c'est un peu n'importe quoi, on bloque tout. Je comprends le plan vigipirate, mais là ça rentre dans une psychose, sur mon antenne on a enlevé des morceaux comme Mort pour la France ou Happy . Parce qu'on a tué des journalistes on peut plus chanté Happy ? Mais non, bien sûr que non. Au contraire, il faut continuer à chanter Happy

Car si l'incompréhension semble émaner de la place de la République, la révolte et l'indignation se font aussi fortement ressentir : «Pour nous, on a frappé la liberté d'expression au cœur. Ils ne se sont pas trompés, ils ont pris pour cible un journal , s’exclame un groupe de quinquagénaires, La liberté d'expression ne se négocie pas, et ça se défend quoiqu'il arrive.»*

Une militante CGT ajoute : «C'est le reflet des dérives de la société qui sont gravissimes depuis ces 20 dernières années. C'est une conséquence de tout ça, de discours, de forces politiques, qui vont à l'encontre de la liberté d'expression. Les médias aussi ont leur part de responsabilités dans ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Trop de complaisance.»

La foule devient compacte, au point que les services de la RATP et la gendarmerie ferment les sorties des stations République et Richard-Lenoir.

En ce mercredi soir, République est pleine des hommages adressés à Charlie Hebdo et à la liberté d’expression.


Photo : Nicolas Portnoï

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