Planète Street Art, l’armée des ombres

Le photographe londonien Gary Hunter livre dans son ouvrage une exploration urbaine planétaire de cet art de rue, brut, immédiat et visible par tous.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Depuis la fin du XXe siècle, comme en réaction aux publicités qui saturent les villes et les cités, des artistes œuvrent dans la pénombre, recouvrant nos murs d’images porteuses de messages venus de l’underground et devenus la dernière tendance de l’art contemporain. Pochoirs, peintures, affiches ou miniatures 3D, toutes les techniques sont explorées, mais loin des galeries d’art ou des institutions culturelles.

De Banksy aux graffeurs inconnus – que l’auteur n’a pu identifier –, Gary Hunter, fondateur de Creative Director chez Fitzrovia, un collectif spécialisé dans les installations artistiques hors galeries, s’est livré à un tour du monde de la discipline. Des Français Blek le Rat et C215 pour le pochoir, aux peintures d’insectes monstrueux de Kenton Parker aux Etats-Unis, l’ouvrage interroge sur notre environnement urbain et notre société occidentale. Un art de rue de plus en plus présent et accepté par les institutions, comme le Musée à ciel ouvert (MaCO) de Sète, qui a prêté ses murs à Seth et à Kaskink cet été. Et qui désormais se décline en Land Art, loin des villes, jouant du cadre et des matériaux de la nature, avec les œuvres équestres de Liska Llorca qui illuminent la Touraine, sur des portes de granges ou les murs d’une mairie.

Outre la force graphique, visuelle, parfois poétique ou brutale, de certaines œuvres exposées dans ce bel ouvrage, l’auteur y décrypte la mouvance de l’artiste et le message délivré, souvent social et politique. Avec un retour sur Invader et son utilisation de la mosaïque, en miroir à la résolution basse des jeux vidéo de la fin des années 1980, mais aussi dans une volonté de pérennité de ses œuvres, placées souvent en haut des immeubles, avec un matériau résistant à l’usure. Au total, les trente plus grands artistes du Street Art sont exposés ici : JR, Barry McGee, Gaia, Pablo Delgado… Avec une introduction étonnante qui part de Lascaux, traverse l’Egypte, rebondit en Afrique pour ouvrir sur les Etats-Unis des années 1970.
Illustration - Planète Street Art, l’armée des ombres


Haut de page

Voir aussi

Articles récents