« À la folie », de Wang Bing : Dans la compagnie des hommes
Avec À la folie, huis clos passionnant, Wang Bing continue à documenter la Chine invisible, en l’occurrence celle des hôpitaux psychiatriques.
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C’est une paillasse plus qu’un lit, sur laquelle une couverture camoufle deux formes humaines. Une main espiègle vient les découvrir. Deux hommes apparaissent, blottis l’un contre l’autre. L’un des deux se met à chantonner, tandis que des sous-titres les présentent : « Le Muet (nom inconnu), 6 ans d’internement », « Li Yukun, 10 ans d’internement ». Ainsi s’ouvre À la folie, documentaire au long cours du Chinois Wang Bing, qui retrouve la même puissance d’immersion dans un lieu clos que celle à l’œuvre dans À l’ouest des rails (2003), où l’on arpentait une immense usine en cours de fermeture, telle une ruine à venir. Dans À la folie, ce n’est pas un bâtiment qui vacille, même si l’hôpital psychiatrique où le cinéaste a tourné ressemble à un camp d’internement déshérité. Ce qui vacille, c’est la raison, ou la frontière entre fous et sains d’esprit. « S’ils disent qu’un homme est fou, il est
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