Forum social mondial : La Tunisie contre les vents contraires

À Tunis, en dépit du climat sécuritaire et de conditions défavorables, les mouvements sociaux ont démontré la solidité de leur ancrage, notamment dans la région du Maghreb.

Patrick Piro  • 2 avril 2015 abonné·es
Forum social mondial : La Tunisie contre les vents contraires
© Patrick Piro

Certes, il veut bien considérer les difficultés du système de traduction, les changements de salle, les sonos défectueuses… Et puis d’inhabituelles intempéries qui ont dissuadé de nombreux Tunisois de venir assister aux débats du Forum social mondial (FSM). Mais Mouhieddine Cherbib, au nom du comité d’organisation, rappelle que la rencontre aurait pu être purement et simplement annulée, à la suite de l’attentat terroriste du 18 mars dernier, qui a fait 24 morts au musée du Bardo, dans la capitale. « Qu’en aurait-il été en France, par exemple ? »

La Tunisie, en fragile transition démocratique, est de nouveau entrée dans une phase incertaine, bordée par la Libye en pleine guerre civile, et dont la région frontalière avec l’Algérie est le siège d’accrochages réguliers avec des groupes islamistes armés infiltrés. Les réservations touristiques pour l’été ont plongé : 60 % d’annulations après l’attentat. Les altermondialistes ont fait le contraire. Très peu de défections dans les délégations, certaines s’étant même renforcées après le 18 mars. Du 24 au 28 mars, près de 50 000 personnes issues de quelque 5 000 organisations de 122 pays ont participé à Tunis aux 1 200 ateliers [^2] du FSM organisés à l’université El Manar. « On veut tuer l’unique expérience démocratique pacifique de la région ? Le FSM a donné une réponse claire, nette et immédiate », constate Kamal Lahbib,

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