GPA : Un débat qui divise les féministes
La question de la rétribution et deux visions du corps opposent les féministes sur la gestation pour autrui, qui reste interdite en France. Pour mieux protéger femmes et enfants, ne faudrait-il pas faire évoluer le droit ?
dans l’hebdo N° 1350 Acheter ce numéro

Aucune féministe n’est favorable à l’exploitation. Certaines considèrent que « l’engendrement avec tiers donneur » relève de la liberté de disposer de son corps et du choix consenti de porter un enfant pour autrui. D’autres estiment que la « maternité de substitution » est une décision contrainte : comme il y a toujours au moins dédommagement sinon rétribution dans le cadre d’une gestation pour autrui (GPA), elles ne perçoivent pas le don et considèrent la pratique comme relevant d’un contrat marchand. L’objet de l’échange étant bien sûr l’enfant, mais aussi neuf mois minimum de la vie de la gestatrice. Et si, au lieu de figer le débat, ce clivage féministe servait de tremplin à une réflexion collective ? Si la GPA a toujours existé de manière marginale et « conviviale », sa forme médicalisée est apparue à la fin des années 1970 avec le développement de la procréation médicalement assistée. Elle augmente aujourd’hui, probablement du fait d’un accroissement de l’infertilité, des difficultés à adopter un enfant (un quart des demandes satisfaites…) et d’une amélioration des droits des couples homosexuels. Elle est tolérée ou encadrée dans plusieurs pays. Les couples français – homosexuels et hétérosexuels – souhaitant y avoir recours se rendent ainsi à l’étranger dans des conditions