Hervé Kempf / Paul Ariès : Les cultures populaires, une chance pour la planète ?
Les classes populaires sont-elles soumises à la société de consommation, comme le pense Hervé Kempf ? Ou disposent-elles de ressources culturelles qui leur permettent d’y échapper, comme le défend Paul Ariès ?
dans l’hebdo N° 1349 Acheter ce numéro

Hervé Kempf a connu un grand succès avec Comment les riches détruisent la planète [^2]. S’inspirant de la théorie de la « rivalité ostentatoire » de l’économiste Thorstein Veblen, il y dénonce le rôle de l’oligarchie, qui, par son comportement surconsommateur, inspirerait de proche en proche, au long de l’échelle des revenus, les plus pauvres. Cette aspiration au mode de vie de ceux qui sont « au-dessus » serait démultipliée par les grandes inégalités qui caractérisent la période actuelle, amplificatrices de la crise écologique globale. Dans Écologie et cultures populaires, qui vient de paraître [^3], Paul Ariès, conteste ce point de vue. Si l’impact environnemental des milieux populaires reste plus faible que la moyenne (ce que montrent les études), ce n’est pas seulement en raison d’un pouvoir d’achat limité, mais parce que leurs modes de vie, imprégnés de sobriété, sont fondamentalement plus « écologiques », une source d’inspiration négligée pour sauver la planète.
Selon Paul Ariès, l’analyse inspirée par Thorstein Veblen revient à dénier une autonomie de comportement des classes populaires. Qu’en pensez-vous ?
Hervé Kempf : Veblen théorise un mécanisme qu’il estime inscrit dans la nature humaine : tous les individus cherchent à manifester une supériorité symbolique sur leurs congénères et trouvent le modèle de ces
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