Immigration : Les États persistent sur la voie sécuritaire
Alors que les naufrages se multiplient en Méditerranée, faisant chaque jour plus de morts, la politique de l’Europe reste figée sur des mesures de surveillance accrue des frontières.
dans l’hebdo N° 1350 Acheter ce numéro

« L’expression de notre chagrin ne suffit pas », a déclaré lundi 20 avril Martin Schultz, président du Parlement européen. Forcés de réagir après le troisième naufrage de la semaine en Méditerranée, qui aurait fait jusqu’à 900 morts selon les témoignages des 48 survivants, les gouvernements européens ont annoncé la tenue d’un sommet exceptionnel jeudi 23 avril. « Il est plus que temps de changer nos politiques envers les réfugiés et les migrants. Sans une véritable stratégie européenne basée sur la solidarité, qui offre aux personnes la perspective de venir en Europe légalement, la prochaine tragédie est seulement une question de temps. » Les recommandations du président du Parlement seront-elles suivies par le reste de l’Union ? Il est permis d’en douter. L’année 2015 s’annonce plus sombre que la précédente, sacrée année record avec l’arrivée de 207 000 migrants irréguliers par la Méditerranée et 3 400 décès. En 2013, 57 % sont arrivés par la mer, dont une grande majorité par la Méditerranée centrale, qui enregistre une augmentation de 288 % par rapport à 2012, selon les chiffres de Frontex, l’agence de surveillance européenne des frontières.
Une hausse qui fait suite à la surveillance renforcée du détroit de Gibraltar, à l’érection du mur entre la Turquie et la Grèce, et à la guerre civile qui déchire la Libye. Livré aux milices depuis la chute de Mouammar Kadhafi, le pays est actuellement dirigé par
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
La doctrine Retailleau contre les « small boats » en Manche, une idée mortifère
En grève de la faim depuis juillet, Zehra Kurtay toujours en lutte pour l’asile
VIDÉO – Zaid, militant antifasciste menacé d’expulsion vers la Hongrie, témoigne