Main basse sur la République
Aujourd’hui, l’invocation quasi religieuse de la République couvre plus que jamais une équivoque.
dans l’hebdo N° 1351 Acheter ce numéro
La proposition de Nicolas Sarkozy de transformer l’UMP en parti des « Républicains » suscite à juste titre bien des critiques [^2]. Les uns, comme le philosophe Marcel Gauchet, exigent de l’ex-Président qu’il assortisse la nouvelle appellation d’un adjectif. À la manière de Jaurès, sans doute, qui se réclamait de la « République sociale ». Cette fois, ce serait plutôt la République « antisociale », ou « autoritaire », ou les deux. Celle, sanglante, de juin 1848 ou celle d’Adolphe Thiers. Les autres, comme l’historien Jean-Noël Jeanneney, s’insurgent contre une « indigne captation d’héritage [^3] ». Tous s’accordent à revendiquer pour eux-mêmes et pour la France entière cette République dont Nicolas Sarkozy voudrait s’emparer pour un usage personnel. Pareille contestation a connu un précédent lorsque,
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