Une justice environnementale

La préservation de l’environnement serait-elle un luxe de nantis ? Cette croyance escamote les milliers de mobilisations menées par des populations démunies dans le monde.

Patrick Piro  • 16 avril 2015 abonné·es
Une justice environnementale
© Photo : AFP PHOTO/Saeed KHAN

L’émission satirique « 7 jours au Groland » (Canal +) montrait il y a quelques années un « reportage » faussement loufoque comparant les modes de vie de Gérard Ranvard, « individu totalement indifférent à cette grande cause » qu’est le dérèglement climatique, et de Jérôme Ludion, « militant écologiste conscient de ses responsabilités ^2 ». Si le premier fait régulièrement grimper son compteur d’émissions de CO2 en prenant des douches trop chaudes, en cuisinant viande sur viande avec sa vieille cuisinière et en polluant avec une voiture diesel hors d’âge, le second est irréprochable, fan des énergies renouvelables, végétarien-équitable et propriétaire d’une voiture hybride. En récompense de tant d’efforts, Ludion s’offre une escapade à Marrakech. Et son compteur de CO2 explose tandis que Ranvard, avachi devant sa télé, remporte la compétition haut la main…

Les plus démunis n’ont certes pas les moyens de s’offrir des panneaux solaires ou des brocolis bio. Mais, indifférents ou non à l’environnement, leur empreinte écologique (émissions, ponction en eau, production de déchets, impact de l’habitat, etc) est plus faible

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Publié dans le dossier
L'écologie des pauvres
Temps de lecture : 5 minutes