« Le téléspectateur, ni complice ni inculte »

Pour le philosophe Christian Ruby, le public construit une distance avec les images qu’on lui propose.

Jean-Claude Renard  • 13 mai 2015 abonné·es
« Le téléspectateur, ni complice ni inculte »
Christian Ruby est docteur en philosophie, enseignant, membre de l’Association pour le développement de l’histoire culturelle.
© B. BOISSONNET / BSIP / AFP

Fondateur du site Le Spectateur européen, Christian Ruby travaille sur la notion de spectateur et de spectatrice, et le rapport du public au spectacle ou aux arts, notamment à l’art contemporain. Traitant de la télé-réalité sous l’angle de la réception, il la replace d’abord dans le champ d’une certaine forme de fiction, où le téléspectateur est appelé à s’identifier. Un téléspectateur pas nécessairement dupe des images qu’il regarde et des concepts que lui proposent les producteurs de ces émissions.

Réalité, jeu ou fiction ? Comment doit-on appréhender la télé-réalité ?

Christian Ruby : La première remarque à faire concerne la notion même de télé-réalité, qui cherche à éviter ce qui fait la spécificité des images en général, à savoir qu’elles n’attestent pas d’une réalité ou d’une vérité mais inventent des réalités ou relèvent de l’élaboration de fictions. Si on n’affirme pas cela d’emblée, on risque de conforter les discours sur la perte télévisuelle de la réalité et sur le vide de l’écran de télévision, notamment dans la

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Publié dans le dossier
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Temps de lecture : 5 minutes