Crise UE-Grèce: une délégation de la gauche reçue à l'Elysée

À quelques heures du sommet de la zone euro consacré à la Grèce, François Hollande a reçu lundi matin une délégation composée de personnalités de gauche pour répondre à leurs inquiétudes.

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« Un accord est possible. » C'est la note optimiste que veulent retenir les huit personnalités de gauche de leur entretien avec François Hollande. Pendant près d'une heure et demie, le président de la République les a écoutés et a tenté d'apaiser les interrogations de ceux qui ont exprimé leurs doutes quant à la position de la France envers la Grèce. Leurs signatures apparaissent toutes en bas de l'appel « La place de la France est aux côtés du peuple grec », publié le 19 juin dans Libération .

« Les propos du président nous incite à penser que la position de la France va dans le bon sens mais on se rend compte que ce n'est pas forcément le cas de l'état d'esprit européen et c'est ce qui nous inquiète » , lance Gus Massiah, pilier du mouvement altermondialiste. Ils plaident avant tout pour que le soutien de la France au peuple grec soit assumé et exprimé clairement face aux autres dirigeants européens.

Conduite par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF la délégation était constituée de Julien Bayou, porte-parole d’Europe Écologie-Les Verts, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, Éric Coquerel, coordinateur général du Parti de gauche, Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle Donne, Gus Massiah, du mouvement social, Liêm Hoang Ngoc, fondateur de la Nouvelle gauche socialiste, et Anne Sabourin, représentante du Parti communiste auprès du Parti de la gauche européenne.

Confiants mais toujours vigilants

Plutôt sceptiques concernant la politique de François Hollande, ils ressortent de l'entrevue plutôt confiants mais restent « vigilants » . « Le président nous a confirmé qu'il souhaitait que la Grèce reste dans l'Union européenne et que les demandes des Grecs étaient tout à fait raisonnables » , rapporte Clémentine Autain, porte-parole du mouvement Ensemble. « Il semblait indiquer qu'il voulait jouer un rôle diplomatique important et a interrogé la pertinence de la présence du FMI dans ces négociations » , poursuit-elle.

Signée par une soixantaine de personnes, la tribune demandait clairement à François Hollande de prendre « une initiative politique de nature à débloquer les négociations entre l'Eurogroupe et les autorités grecques » ainsi que de « refuser de participer à la stratégie d'isolement de la Grèce » . « Nous avons demandé une parole forte sur la question de la Grèce tout en ayant en tête que c'est l'avenir de l'Europe qui se joue » , précise Anne Sabourin. Mais sur cette problématique plus large, il n'y a pas eu de véritable discussion ce matin.

Pas de nouvelles mesures d'austérité, échelonner la dette grecque, plan d'investissement pour stabiliser la Grèce... Les sujets d'entente étaient nombreux lors de l'entretien. « Le fait de nous recevoir à l'Elysée en cette journée décisive est un bon signe car François Hollande nous montre qu'il tient compte de l'évolution de l'opinion publique. Mais on attend que ça se traduise par des actes, du concret » , tempère Anne Sabourin. Des preuves de la bonne volonté du président attendues dès ce soir, lors du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement à Bruxelles.

La mobilisation citoyenne derrière Alexis Tsipras est incontestable. Un sondage IFOP publié dans le JDD dimanche indiquait que 53% des Français ne souhaitaient pas que la Grèce soit exclue de la zone euro au cas où elle ne parviendrait pas à rembourser sa dette ou à réduire ses déficits. Un retournement de l'opinion publique indéniable puisqu'il y a trois ans, 65% des Français étaient en faveur d’un "Grexit".


Photo: FRANCOIS GUILLOT / AFP

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