Mathieu Riboulet : La rage au cœur

Mathieu Riboulet revient sur l’action révolutionnaire des années 1970 pour dissiper les mensonges et faire l’éloge de la jouissance comme mode d’apprentissage.

Christophe Kantcheff  • 26 août 2015 abonné·es
Mathieu Riboulet : La rage au cœur

Comme des chiens. Ils sont nombreux, dans Entre les deux il n’y a rien, à avoir été abattus comme des chiens. Commençons par cette longue citation, pour faire les présentations avec le nouveau livre de Mathieu Riboulet : « Je me refuse absolument à faire comme si rien ne s’était passé, comme si de 1967 à 1978 il n’y avait pas eu au cœur même de l’Europe en paix cette déflagration de violence qui laissa dans les rues les corps de centaines d’hommes et de femmes abattus comme des chiens. Je sais, ce n’est pas Verdun, mais Verdun c’était la guerre alors que là c’était la paix, comme des chiens dans les rues de la paix, abattus non pas comme des soldats mais comme des bêtes malfaisantes, partout, à Milan à Hambourg à Paris, les tranchées sont comblées, les fours crématoires refroidissent, tout repousse et pourtant on tue dans les rues pacifiées ces gamins qui ont en travers de la gorge d’être les fruits de ça : la guerre oblitérée et la course à l’oubli, rebaptisées

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Littérature
Temps de lecture : 6 minutes