« Cemetery of Splendour », d’Apichatpong Weerasethakul : Le sous-sol de nos existences

Dans Cemetery of Splendour, Apichatpong Weerasethakul met en scène des soldats dont le sommeil prolongé est hanté par un passé tumultueux. Un film où la poésie élargit les sens et le monde.

Christophe Kantcheff  • 2 septembre 2015 abonné·es
« Cemetery of Splendour », d’Apichatpong Weerasethakul : Le sous-sol de nos existences
Cemetery of Splendour , Apichatpong Weerasethakul, 2 h 02
© DR

Cemetery of Splendour s’ouvre sur l’image d’une pelleteuse creusant dans un terrain qui jouxte le lieu principal du film, une ancienne école récemment transformée en hôpital. Creuser des trous, retourner la terre, faire ressurgir le passé : la symbolique est forte et épouse le thème que le film va développer. Chez Apichatpong Weerasethakul, Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, la chaîne du temps n’est jamais rompue, segmentée, et il est toujours possible, par la voie de chamans et du bouddhisme, d’en révéler la partie enfouie – la plus importante. Mais l’image elle-même de la pelleteuse, outil massif et rugueux, n’est pas innocente. Elle montre que ce cinéma où les esprits sont si présents est aussi matérialiste. Ancré dans un

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes