La gauche doit « muscler » le rapport de force
La crise grecque a nourri les débats de toutes les composantes de la gauche cet été. Mais les stratégies de lutte divergent encore.
dans l’hebdo N° 1368 Acheter ce numéro

La sinistre conclusion (provisoire?) de la crise grecque n’affecte pas les dirigeants socialistes. À l’image d’un Michel Sapin satisfait assurant benoîtement à La Rochelle, devant une assistance clairsemée, que « le plan négocié n’est pas de l’austérité qui s’ajoute à l’austérité, il est beaucoup moins austéritaire que les précédents ». En revanche, elle trouble et bouscule les forces de gauche. Beaucoup de communistes « vivent douloureusement ces événements et s’interrogent sur les leçons à en tirer », reconnaissait Pierre Laurent en clôture de l’université d’été du PCF. Le socialiste Emmanuel Maurel, qui, au congrès de Poitiers, avait demandé (en vain) que son parti se déclare solidaire du peuple grec, avoue que l’accord du 13 juillet a produit chez lui comme chez d’autres militants « un effet de sidération ». « La crise du projet européen est assez spectaculaire, analyse-t-il [^2]. On ne peut plus en rester à des réponses comme : “L’Europe, c’est notre avenir”, “l’Europe, c’est