Tsipras change de gauche
On connaît les « deux gauches », mais on les avait rarement vues incarnées par un même homme, et dans une séquence aussi courte.
dans l’hebdo N° 1370 Acheter ce numéro
La première fois, il avait été félicité par Mélenchon. Dimanche soir, c’est François Hollande qui s’est hâté de dire à Alexis Tsipras combien sa victoire lui faisait chaud au cœur. Plusieurs figures de la social-démocratie et de la droite européenne se sont ensuite succédé pour encenser le leader de Syriza. Comme s’il fallait célébrer publiquement l’entrée de l’enfant terrible dans la famille des sages. Ceux qui savent que l’austérité est une fatalité et que l’ordre du monde est intangible. Un cérémonial d’adoption, en quelque sorte. Le fait est que Tsipras a changé de gauche. Sinon au plus profond de lui-même, du moins par ses choix tactiques. En un rien de temps, Saint-Just est devenu Talleyrand. Le choc a été tel que les Grecs eux-mêmes ont eu une hésitation.