Vive les mathématiques ! (« À flux détendu »)

Dans Éloge des mathématiques , Alain Badiou estime que les mathématiques méritent mieux que de rester cloisonnées dans un cercle de spécialistes ou de servir de sélection dans l’Éducation nationale.

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Surtout, ne croyez pas qu’un livre louant les qualités des mathématiques ne pourra vous toucher au prétexte que cette matière vous a collé d’irrépressibles maux de tête à l’école ou fait connaître d’interminables heures d’ennui ! C’est absolument le contraire que provoque cet Éloge des mathématiques (Flammarion, 125 p., 12 euros). D’abord parce qu’il est signé Alain Badiou – qui répond ici aux questions de Gilles Haéri, philosophe lui aussi. Avec Badiou, on a l’assurance d’une intelligence en action, non dénuée de pointes d’humour. Ainsi, constatant le divorce des mathématiques et de la philosophie, jadis intriquées, il explique combien la seconde s’est banalisée à cause des « nouveaux philosophes », « figure réactionnaire et creuse », alors qu’il n’existe heureusement pas de « nouveaux mathématiciens ». Alain Badiou estime que les mathématiques méritent mieux que de rester cloisonnées à très haut niveau dans un petit cercle de spécialistes ou de servir de sélection dans l’Éducation nationale. Et ce pour de nombreuses raisons, dont la beauté qu’elles recèlent, la même qui saisit le marcheur au sommet d’un col, d’autant plus puissante que l’ascension s’est révélée tortueuse. Alain Badiou, dans le droit fil de son cher Platon, pense que les mathématiques ne sont pas un langage purement formel mais entretiennent un rapport avec le réel. D’où la possibilité d’y prendre appui pour développer une métaphysique. Badiou a des pages lumineuses pour expliquer à quel type de bonheur les mathématiques ouvrent la voie : celui qui, au terme d’un raisonnement ardu et de calculs laborieux, se libère au moment de la résolution du problème. Comprendre, c’est voir quelque chose d’inédit. Et cette expérience est partageable par tous ceux qui suivront le même cheminement. « Le bonheur, en mathématiques plus qu’ailleurs, est la difficile jouissance de l’universel », dit Badiou. CQFD.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.