Air France : « Un dénigrement général des salariés »
Selon la sociologue Danièle Linhart, les incidents à Air France témoignent de la dégradation du dialogue social dans les entreprises.
dans l’hebdo N° 1373 Acheter ce numéro

Après les violences survenues le 5 octobre à Air France, une enquête interne a identifié comme « coupables » une vingtaine de salariés syndiqués et non syndiqués. Selon la sociologue Danièle Linhart, leur geste exprime un fort sentiment de disqualification des salariés dans leur entreprise.
Comment réagissez-vous après la flambée de violence lors du comité central d’entreprise d’Air France le 5 octobre ?
Danièle Linhart : La violence que dégagent les images de ces deux cadres d’Air France la chemise déchirée surprend. Mais ces circonstances en rappellent d’autres, notamment de patrons séquestrés lors de fermetures d’usine. Aujourd’hui, des cabinets de consultants proposent aux responsables d’entreprise des kits de survie en cas de séquestration.
Que révèlent ces actes ultimes ?
Ils expriment surtout un sentiment de désespoir. J’ai été frappée par le fait que des salariés s’en soient pris à la chemise des responsables. Cela renvoie à cette expression : « Ils m’ont tout prix, jusqu’à la chemise ! » Face à la menace de suppression de 2 900 emplois, les salariés veulent