Quand les peuples s’emparent de la justice

Les tribunaux citoyens ont la volonté de pallier les manquements des justices nationales ou internationale, d’ordre institutionnel mais aussi politique. Sans pouvoir pénal, ils peuvent néanmoins représenter un réel contre-pouvoir.

Lena Bjurström  • 18 novembre 2015 abonné·es
Quand les peuples  s’emparent de la justice
© Photo : UPI/AFP

«Toute justice, dans son principe comme dans son exécution, n’appartient qu’à l’État. » Par ces mots, adressés à Jean-Paul Sartre, Charles de Gaulle interdit la tenue du premier tribunal citoyen en France. Nous sommes en 1967, les États-Unis s’engluent au Vietnam et la contestation contre cette guerre bat son plein. C’est dans ce contexte que le philosophe et mathématicien anglais Bertrand Russell lance l’initiative d’un tribunal d’opinion, reflet citoyen du système judiciaire, pour juger ce qui ne comparaîtra jamais devant une cour de justice : l’intervention américaine au Vietnam. Présidé par Jean-Paul Sartre, avec pour jury un panel d’intellectuels, ce tribunal n’a certes pas de pouvoir pénal, mais, n’en déplaise au général de Gaulle, il s’empare du droit. À Stockholm (Suède) et à Roskilde (Danemark), puisque interdites à Londres et à Paris, les audiences passent

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