«Bonne année la fraude fiscale !»

Le syndicat Solidaires Finances publiques a choisi l'ironie pour ses vœux.

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Alors que la fraude fiscale coûte chaque année entre 60 et 80 milliards d'euros , Solidaires Finances Publiques, force syndicale de la Direction générale des finances publiques** (DGFiP), évalue dans un communiqué à 3.173 le nombre de suppressions d'emplois au sein des différents services de contrôle de la DGFIP en cinq ans. Résultat:

«Les services de contrôle de la Direction générale des finances publiques n'ont plus les moyens de combattre efficacement la fraude fiscale ni même d'utiliser les moyens juridiques qui leur sont alloués.»

Le syndicat rappelle les différentes mesures qui, depuis 2002, ont conduit à la suppression de plus de 32.000 postes au sein de la DGFIP. Des suppressions de poste qui, selon les différents gouvernements, qui prétendent lutter contre la fraude fiscale, seraient sans incidence sur les contrôles, le nombre de vérificateurs, près de 5.000 personnes, stagnant. Selon le syndicat, cet argument n'est pas valable au vue de l'augmentation de la charge de travail depuis 2002.

Aussi, Solidaires Finances publiques rappelle dans son communiqué que les agents des finances publiques, concernés par ces suppressions d'emplois, «participent activement, quotidiennement et directement au contrôle fiscal» . Ils seraient notamment responsables des opérations de contrôle sur pièces, de la recherche de renseignements et de la programmation du contrôle fiscal.

«[...] Le décalage entre discours et réalité n'a jamais été aussi grand. Quoi qu'en disent les pouvoirs publics et quelle que soit l'évolution des technologies ; le contrôle fiscal est toujours assuré par des agents. Mais ceux-ci sont de moins en moins nombreux face à une charge de travail plus lourde et une fraude d'un montant inégalé. Que faut-il en déduire sur la volonté politique... ?»

Les emplois des quelques 10.193 agents des finances publiques pourraient encore être menacés en 2016. Solidaires Finances publiques craint 2.130 suppressions de postes à la DGFiP, compte tenu des mesures «décidées dans la loi de finances» . Raison pour laquelle le syndicat souhaite une «bonne année à la fraude fiscale» , qui ne risque pas, elle non plus, de baisser cette année.


Photo: AFP / ERIC PIERMONT - Michel Sapin, ministre de l'économie et des finances.

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