Fourest en service commandé

Derrière le Premier ministre, il y a sa milice. En l’occurrence, Caroline Fourest.

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Derrière le Premier ministre, il y a sa milice. À peine celui-ci avait-il donné l’assaut contre l’Observatoire de la laïcité et son président, Jean-Louis Bianco, que l’une des fines lames du quarteron d’idéologues embarqués à Matignon dégainait. En l’occurrence, Caroline Fourest. Dans Le Monde en kiosque le jeudi 21 janvier, c’est-à-dire trois jours seulement après la sortie vindicative de Manuel Valls, l’essayiste a en effet publié une tribune intitulée : « Pourquoi Jean-Louis Bianco a-t-il fâché tant de laïcs ? »

On imagine dans les sombres sous-sols de l’Hôtel de la rue de Varenne la tenue d’une réunion occulte où le Premier d’entre tous est entouré de ses sbires. « – Alors voilà mon plan, Caroline, souffle Manuel en s’adressant à son meilleur élément. Moi, je déchire Bianco lundi, et toi tu l’achèves jeudi. Compris ? – Compris, chef. » Du cousu main. Caroline Fourest rassemble ses munitions en contemplant ses fiches. Celles-ci datent un peu : elle n’en est pas à son premier contrat et a négligé de les mettre à jour. Qu’à cela ne tienne ! Il s’agit d’affirmer, la vérité suivra. Et l’essayiste de rédiger son brûlot.

L’élégance de son style rejoint l’éloquence d’un Fouquier-Tinville. Et sa méthode d’enquête emprunte au regretté Andreï Ianouarievitch Vychinski, le procureur général des procès de Moscou. On part de l’anecdote, qui n’est pas forcément fausse, et, au mépris du contexte, des évolutions et de la complexité des situations, on en tire des conclusions générales et assassines. Qui transforment par exemple Jean-Louis Bianco en meilleur allié des intégristes.

Si Caroline Fourest avait de l’humour, elle qui a fait partie en son temps de l’équipe d’un journal satirique, son texte pourrait figurer parmi les plus belles contributions du « Tribunal des flagrants délires ». Hélas, elle est comme son maître de Matignon, sinistre, et n’aime rien tant que de s’ériger en juge pour demander la tête de ceux qu’elle considère comme ses ennemis. Car il y a cela, au fond, chez elle : au-delà du fait que le poste de présidente de l’Observatoire de la laïcité constitue peut-être un objet de convoitise, qui sait ?, sa prose accusatrice et destructrice distille le pire sentiment qui soit : la haine.


Photo : THOMAS SAMSON / AFP

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