Jean Echenoz : « L’intrigue est un mal nécessaire »
Après une série de livres articulés autour de personnages réels ou d’événements historiques, Jean Echenoz raconte comment il est revenu au roman d’action, ancré dans notre époque.
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En ces temps heurtés, commencer l’année 2016 avec un nouveau roman de Jean Echenoz, gorgé de fantaisie et d’aventure, est on ne peut plus bienvenu. Pour le dire simplement : Envoyée spéciale fait du bien. Comme de converser avec son auteur, romancier ultra-doué et archi-reconnu, pourtant toujours modeste et étranger à l’esprit de sérieux, bien que fidèle à une esthétique exigeante.
Après plus de dix ans où vous avez travaillé autour de personnages (Ravel, Zatopek, Tesla) et d’un événement (la guerre de 1914) historiques, vous revenez à la fiction. Pourquoi ?
Jean Echenoz : J’avais le désir de revenir à la fiction et à un roman dont l’action se passe aujourd’hui. La dimension romanesque n’était pas absente de mes quatre derniers livres, mais j’étais chaque fois tenu par une réalité biographique ou historique. J’étais entré dans cette espèce de « suite » après Au piano (2003) [1], qui m’avait posé pas mal de problèmes, et j’ai eu envie de travailler sur une époque passée, ce que je n’avais jamais fait : l’entre-deux-guerres, en l’occurrence. L’idée était celle d’un roman peuplé de personnages fictifs mais où pourraient surgir des personnages réels, dont Maurice Ravel. Il n’avait au départ qu’un rôle de figurant, mais j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur lui, pour finir par me rendre compte que son histoire était infiniment plus intéressante que mon projet initial. Et Ravel a pris toute la place. Ensuite, cette construction d’une « vie imaginaire » m’a conduit à en
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