Laïcs contre laïcs

En désavouant publiquement l’Observatoire de la laïcité, qu’il trouve trop accommodant, le Premier ministre a rouvert une vieille plaie. Pourquoi ?

Vanina Delmas  • 27 janvier 2016 abonné·es
Laïcs contre laïcs
© Photo : CLAUDE TRUONG-NGOC/Citizenside/AFP

celui sur la laïcité refait surface. C’est Manuel Valls qui a ouvert la boîte de Pandore le 18 janvier. Et pas n’importe où : devant les Amis du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Après s’être longuement exprimé sur les attentats qui ont touché la France l’année dernière, le chef du gouvernement s’en est violemment pris à Jean-Louis Bianco, le président de l’Observatoire de la laïcité (ODL), et à son rapporteur général, Nicolas Cadène.

Objet de son ire, la signature d’une tribune intitulée « Nous sommes unis », publiée le 15 novembre dernier dans Libération. -L’Observatoire de la laïcité « doit être clair sur les appels [qu’il] signe : on ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant d’un climat nauséabond », a clamé Manuel Valls. Une mise en cause des plus surprenantes, car ce texte appelait à la solidarité et à l’union nationale face à Daech, leitmotiv du gouvernement depuis un an. Et, au bas de cet appel, la signature de Jean-Louis Bianco côtoie aussi bien celle du grand rabbin de France que celle de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ou du pasteur -Clavairoly, président de la Fédération protestante de France. Comble de l’ironie, figure aussi parmi les signataires Robert Ejnes, directeur exécutif du Crif. Et l’expression « participe à un climat nauséabond » peut donner lieu à toutes les interprétations. On suppose que Manuel Valls pointe du doigt les membres de l’association inter-religieuse Coexister, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), le Collectif des musulmans de France et le rappeur Médine. « La réaction de

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Société
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