Turquie : Deux journalistes risquent la prison «à vie»

Lena Bjurström  et  AFP  • 29 janvier 2016
Partager :
Turquie : Deux journalistes risquent la prison «à vie»
© Photo : Manifestation à Istanbul le 27 novembre 2015 pour dénoncer l'arrestation, la veille, des deux journalistes de Cumhuriyet. (OZAN KOSE / AFP)

En Turquie, le journalisme est un métier de plus en plus risqué. La justice turque a requis mercredi la prison à vie à l’encontre de deux journalistes, pour un article accusant le régime d’avoir livré des armes aux islamistes syriens.

Incarcérés fin novembre, Can Dündar, rédacteur en chef de Cumhuriyet, et Erdem Gül, chef du bureau du quotidien à Ankara, sont poursuivis pour « espionnage », « divulgation de secrets d’État ». Le procureur d’Istanbul a encore alourdi les charges, accusant les deux journalistes de « tentative de coup d’État » et « d’assistance à une organisation terroriste ».

Leur faute ? Avoir diffusé des photos et une vidéo de l’interception, en janvier 2014 à la frontière syrienne, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant des armes.

Publié en mai 2015, leur article a provoqué la fureur du président Recept Tayyip Erdogan, dont le gouvernement islamo-conservateur a toujours catégoriquement nié tout soutien aux groupes islamistes hostiles au président syrien Bachar al-Assad.

Le chef de l’État, qui a personnellement porté plainte contre les deux journalistes, avait dénoncé une « trahison » et promis à la télévision que ses auteurs allaient en payer « le prix fort ».

Celui qui avait envoyé son premier ministre à Paris, le 11 janvier 2015, pour « être Charlie », n’a cessé de s’attaquer à la liberté d’expression, tout au long de l’année.

Lire : Il y a un an, ils se disaient Charlie…

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème
Cinéma 22 mai 2026

Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème

Si l’acteur a décidé de se retirer de la présidence du jury du festival, il a été remplacé par le réalisateur Jean-Pierre Améris, dont le dernier long-métrage a été jalonné par des accusations de « remarques humiliantes » de l’acteur sur une technicienne.
Par Hugo Boursier
Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?
Analyse 22 mai 2026 abonné·es

Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?

Brandi comme un étendard par le gouvernement et les géants du numérique, le concept consensuel de « souveraineté numérique » masque une réalité moins flatteuse : l’emprise de la Big Tech américaine et des fonds étrangers sur le numérique français et européen.
Par Thomas Lefèvre
Coallia maltraite des résidents du centre d’hébergement d’urgence GL Event Center à Paris
Sans-papiers 21 mai 2026 abonné·es

Coallia maltraite des résidents du centre d’hébergement d’urgence GL Event Center à Paris

Depuis l’annonce par la préfecture de région de la fermeture du plus grand centre d’hébergement d’urgence francilien, son opérateur tente de le vider par tous les moyens. Les résidents témoignent de harcèlement et de maltraitances qui durent depuis plusieurs semaines.
Par Martin Eteve
Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat
Enquête 21 mai 2026

Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat

Politis avait révélé le témoignage de neuf femmes décrivant un comportement « prédateur » de l’acteur, qui avait nié les faits dans un torrent de menaces et d’insultes. À La Ciotat, le choix de cette présidence choque, sauf son programmateur.
Par Hugo Boursier