La prostitution fait toujours débat à l’Assemblée

Deux ans après son premier examen par les députés, le projet de loi sur la pénalisation des clients est de retour dans l’hémicycle.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 3 février 2016
Partager :
La prostitution fait toujours débat à l’Assemblée
© Photo : AFP/OLIVIER DONNARS / NURPHOTO Manifestation des prostituées et des travailleurs du sexe contre le projet de loi sur la prostitution devant le Sénat à Paris, le 14 octobre 2015.

Après plus de deux années de travail législatif, les députés étudient pour la troisième fois, ce mercredi 3 février, un projet de loi relatif à la lutte contre la prostitution et l’accompagnement des personnes prostituées. Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale fin 2013 et modifié par le Sénat en deuxième lecture, ce texte prévoit notamment l’évolution de leur statut, l’octroi de titre de séjour aux travailleuses du sexe migrantes, ou encore la lutte contre la traite et le proxénétisme. Parmi les mesures qui font toujours débat : la pénalisation du client, estimée dangereuse pour les prostituées.

À lire >> La proposition de loi sur la prostitution finalement examinée au Sénat

Pour Grégoire Théry, secrétaire général du mouvement NID, il s’agit «évidemment d’une loi d’égalité homme-femme», jusqu’à présent retenue par «le sexisme de l’Assemblée». Le mouvement a par ailleurs salué l’initiative de ce projet de loi dans un communiqué de presse, accueillant avec «solennité et émotion une étape décisive vers [son] adoption définitive».

À lire >> Maud Olivier : «On se prostitue pour des raisons économiques»

À lire >> Prostitution : Ce que changera la loi

Mais à en croire des prostituées, et des associations comme Médecins du monde, la pénalisation du client s’apparente surtout à une sanction supplémentaire qui risque de marginaliser davantage le travail des prostituées.

À lire >> «On nous met en danger !»

Le projet de loi devra encore être étudié par les sénateurs après l’adoption du texte par l’Assemblée nationale. Même si le Sénat ne vote pas le texte conforme, les députés de l’Assemblée auront le dernier mot.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant
Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques
Enquête 27 février 2026

Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Ahmed N., un exilé érythréen souffrant de troubles psychologiques, est mort sur un parking près de Calais en mai dernier. Malgré les alertes, les associatifs ont fait face à de nombreux dysfonctionnements venant de l’hôpital de Calais concernant sa prise en charge.
Par Maël Galisson
Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain