La prostitution fait toujours débat à l’Assemblée

Deux ans après son premier examen par les députés, le projet de loi sur la pénalisation des clients est de retour dans l'hémicycle.

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Après plus de deux années de travail législatif, les députés étudient pour la troisième fois, ce mercredi 3 février, un projet de loi relatif à la lutte contre la prostitution et l'accompagnement des personnes prostituées. Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale fin 2013 et modifié par le Sénat en deuxième lecture, ce texte prévoit notamment l'évolution de leur statut, l’octroi de titre de séjour aux travailleuses du sexe migrantes, ou encore la lutte contre la traite et le proxénétisme. Parmi les mesures qui font toujours débat : la pénalisation du client, estimée dangereuse pour les prostituées.

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Pour Grégoire Théry, secrétaire général du mouvement NID, il s’agit «évidemment d’une loi d’égalité homme-femme», jusqu'à présent retenue par «le sexisme de l’Assemblée». Le mouvement a par ailleurs salué l’initiative de ce projet de loi dans un communiqué de presse, accueillant avec «solennité et émotion une étape décisive vers [son] adoption définitive».

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Mais à en croire des prostituées, et des associations comme Médecins du monde, la pénalisation du client s'apparente surtout à une sanction supplémentaire qui risque de marginaliser davantage le travail des prostituées.

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Le projet de loi devra encore être étudié par les sénateurs après l'adoption du texte par l'Assemblée nationale. Même si le Sénat ne vote pas le texte conforme, les députés de l’Assemblée auront le dernier mot.


Photo : AFP/OLIVIER DONNARS / NURPHOTO Manifestation des prostituées et des travailleurs du sexe contre le projet de loi sur la prostitution devant le Sénat à Paris, le 14 octobre 2015.

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