Qui va payer la folie boursière mondiale ?
Les mesures prises après 2008 vont dans le bon sens, mais elles demeurent insuffisantes à l’heure où une nouvelle crise se profile, estime Jézabel Couppey-Soubeyran.
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Revoilà la crise financière ? Huit ans après l’effondrement de 2008, les mouvements erratiques qui font bondir et chuter les bourses mondiales depuis le début de l’année laissent présager un nouveau krach. Malgré un début de réforme des banques et des marchés financiers, les États et l’économie réelle continuent de payer lourdement les atermoiements de « la sphère financière hypertrophiée », estime -Jézabel Couppey-Soubeyran.
Le yoyo des bourses doit-il nous faire redouter une crise généralisée équivalente à celle de 2008 ?
Jézabel Couppey-Soubeyran Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas réussi à aplanir les mouvements très amples des cycles financiers. Pendant la gestion de la crise de 2008, nous avons plutôt continué à les -entretenir avec l’argent injecté par les banques centrales. Théoriquement, les banques doivent profiter des politiques monétaires « accommodantes » [rachat de dettes, injection de liquidités, NDLR] pour octroyer des crédits et participer au financement de l’économie. Nous n’avons pas observé cela car, depuis la fin des années 1990, le modèle d’activité des grandes banques comme la Deutsche Bank ou BNP Paribas est tourné vers les opérations spéculatives et assez peu vers le financement de l’économie. Par