Grande-Synthe : des associations dénoncent « le cynisme d’État » face aux migrants

Le démantèlement de la « jungle » de Calais se poursuit et un camp humanitaire vient d’ouvrir à Grande-Synthe. Mais la municipalité fait face aux critiques de l’État.

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« Le camp de Grande-Synthe qui vient d’ouvrir ses portes est déjà menacé de fermeture. Il doit pourtant permettre à des migrants vivant jusqu’à présent dans des conditions inhumaines de se délester un peu des angoisses quotidiennes nourries par l’insalubrité et la précarité » écrivent dans un communiqué commun neuf associations : Amnesty International, Emmaüs France, le GISTI, L’Auberge des Migrants, la Ligue des droits de l’Homme, Médecins du monde, Médecins Sans Frontières, le Secours catholique et Utopia 56, publié mercredi 9 mars.

Depuis le début de la semaine, près d’un millier de réfugiés ont quitté le camp insalubre du Basroch, à Grande-Synthe, pour être relogés dans le camp en dur créé par la ville et Médecins sans frontières. L’initiative du maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême, ne fait pas l’unanimité. Lundi soir, le représentant de l'État, Jean-François Cordet, préfet de la région Nord –Pas-de-Calais-Picardie et du département du Nord, avait en effet « mis en demeure » le maire de sécuriser ce nouveau camp, se disant « inquiet des dangers relevés par la commission communale de sécurité », notamment concernant les risques d’incendies. Les associations s'indignent :

À la gestion dissuasive et policière s’ajoute à présent une gestion administrative et technocratique menée contre les espaces dédiés aux migrants, et contre un élu qui tente de les accueillir dignement. Le camp de Grande-Synthe est menacé de fermeture. Il n’est peut-être pas aux normes. Une chose est sûre. En France, le cynisme d’État, lui, est désormais hors norme.

Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, présentait sa politique migratoire devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. « La solution ne passe pas par un déplacement vers un autre site qui, en raison de sa localisation très passante, pose des problèmes », a –t-il affirmé lors de cette audition.

Les associations ont apporté leur soutien total à Damien Carême. « C’est à nous – ONG, associations d’aide et bénévoles – qu’il revient désormais d’investir ce lieu choisi par défaut. C’est à nous et aux migrants eux-mêmes qu’il appartiendra d’en faire, avec le concours des habitants de la région, un endroit qui leur fasse oublier pour un temps ce qu’ils ont subi trop longtemps. »


Crédit : BELGA / AFP

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