IVG : « Et après, ça se passe comment ? »

À l’occasion des 60 ans du Planning familial et de la Journée internationale du 8 mars, rencontre avec Leïla, Loubna, Laura… dans un centre d’accueil à Paris.

Ingrid Merckx  • 2 mars 2016 abonné·es
IVG : « Et après, ça se passe comment ? »

On sourit beaucoup au Planning familial. Elles – car ce sont quasi exclusivement des femmes, qui viennent ou qui accueillent – sourient derrière les larmes, la gêne, le soulagement, la gratitude, pour une blague, un détail un peu cru ou très concret. Leïla [^1] écarquille des yeux très rouges ce lundi après-midi, au Planning de Paris. L’accueil démarre à 14 heures, elle est la première arrivée. « Ça faisait déjà une heure et demie que j’attendais dans le quartier », expliquera-t-elle plus tard. Une heure et demie qu’elle tournait autour du métro Bourse avant d’aller sonner au 1er étage au fond de la cour du 10, rue Vivienne.

Ces locaux centraux du Planning de Paris, qui en compte deux autres, dans les Xe et XIIIe arrondissements, ouvrent sur une grande salle d’attente avec une fontaine à eau et des affiches sur la défense des droits des femmes, dont une qui annonce : « Pour les 60 ans du Planning familial, nous sommes toutes et tous Simone forever ».

Un couloir dessert plusieurs bureaux et un petit salon où se tiennent réunions et entretiens. « D’habitude, on reçoit les filles en groupe, explique Martine. Au début ça surprend : pas facile de parler de choses intimes devant plusieurs personnes… Mais c’est plus intéressant de leur donner certaines informations à toutes en même temps : on gagne du temps, -certaines questions peuvent servir aux autres, et cela nous permet de leur parler également de droits des femmes. Par exemple, nous sommes attachées à démé-dicaliser la contraception. » Les animatrices profitent donc d’une discussion autour d’une demande d’avortement, de test de grossesse ou de pilule d’urgence, pour parler des moyens de contraception, de sexualité ou de maladies sexuellement transmissibles. Celles-ci semblent pourtant passer au second plan des angoisses des femmes. Cet après-midi-là, ce sont les grossesses non désirées le problème numéro un. Comme les jeunes filles sont peu nombreuses,

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Société
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