L’université d’Avignon perd son procès contre Bernard Mezzadri

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Le tribunal correctionnel d'Avignon comprend la critique et l'humour : le 10 février, la plainte de l’Université d’Avignon contre son maître de conférence Bernard Mezzadri a été jugée irrecevable. L’institution, qui attaquait l’enseignant en justice pour «provocation à la discrimination en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion par parole, écrit ou image, ou moyen de communication au public par voie électronique», a donc perdu son procès.

C’est une victoire pour Bernard Mezzadri qui a réussi à faire valoir ses arguments. Mais elle est atténuée par le fait que le tribunal correctionnel a également rejeté sa demande de dommages et intérêts, le préjudice n’ayant pas été établi. L’enseignant en est donc pour ses frais. En outre, le tribunal a rejeté l’exception de nullité qu’il avait soulevée.

L’université d’Avignon s’était constituée partie civile. Elle reprochait à Bernard Mezzadri d’avoir publié le 27 mai 2015, à l’occasion de la présence d’une délégation de l’université à la signature du contrat de plan Etat-Région à Marseille, en présence de Manuel Valls, un courriel sur le site interne de l’université déclarant :

« J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV comptera suffisamment de «blancos », (et pas trop de basanés », afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement.

Et s’il fait vraiment serrer la main de chasseur de Roms (qui naguère prônait la livraison des résistants basques aux tortionnaires franquistes), il existe des anti-émétiques moins dangereux que le Motilium… »

Bernard Mezzadri a fait valoir que ce courriel avait été publié sur une liste interne, que le terme « blancos » avait été employé par Manuel Valls sur le marché d’Evry et que le terme « chasseurs de Roms » était « une expression personnelle pour rappeler les propos du Premier Ministre selon lesquels la grande majorité des Roms ne souhaitait pas s’intégrer. » Il a nié la moindre connotation raciste de ses propos.

Le tribunal a estimé que ces propos devaient « s’analyser comme une critique se voulant humoristique des propos du premier ministre et non comme des propos discriminants. »

Bernard Mezzadri a été relaxé. En outre, la constitution de partie civile de l’Université a été déclarée également irrecevable «pour n’avoir pas été autorisée par son conseil d’administration ».


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