Syrie : « La révolution continue »

Depuis le début de la trêve, retour des manifestations pacifiques anti-régime.

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La trêve entrée en vigueur le 28 février dans l’ouest de la Syrie a eu un effet inattendu : le retour des manifestations pacifiques anti-régime. Dans les provinces d’Alep, de Homs, de Deraa, et même dans des localités proches de Damas, des centaines de manifestants se sont retrouvés le 4 mars sous des banderoles proclamant « La révolution continue ». Cinq ans après le début de l’insurrection rapidement transformée en guerre civile, et qui a fait près de 300 000 morts, les manifestants ont réaffirmé leur volonté de voir partir Bachar Al-Assad, dont le clan est au pouvoir depuis quarante-six ans. La question sera évidemment au centre des négociations qui devraient s’ouvrir à Genève le 14 mars. Mais le résultat est loin d’être assuré. Si le coordinateur général du Haut Comité des négociations (HCN), qui rassemble les groupes clés de la rébellion, juge prioritaire l’installation d’une « autorité gouvernementale de transition sans rôle pour Assad », ce n’est pas la position de la Russie. Et ce n’est pas non plus très clairement celle de l’émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, qui appelle de ses vœux « un nouveau gouvernement », puis « une nouvelle constitution », avant des « élections parlementaires et présidentielle dans un délai de dix-huit mois », mais qui ne dit rien du sort de Bachar Al-Assad.

En attendant, sur le terrain, l’accalmie est réelle. À l’exception de combats entre les jihadistes d’Al Nosra et les troupes du régime dans le secteur d’Al-Eis, au sud d’Alep, et de bombardements turcs, au nord de la même ville, sur des positions tenues par les forces kurdes.


Photo : Mohamed al-Bakour/AFP

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