Calais : « Une défaite pour le gouvernement »
Le cinéaste Christophe Ruggia a été l’un des initiateurs de l’Appel de Calais. Il en tire ici le bilan.
dans l’hebdo N° 1399 Acheter ce numéro

Avec Laurent Cantet, Catherine Corsini, Pascale Ferran, Romain Goupil, Nicolas Philibert et Céline Sciamma, Christophe Ruggia a été l’un des sept instigateurs de l’Appel de Calais. Sept cinéastes impliqués auprès des sans-papiers et, pour certains, militant à la Société des -réalisateurs de film, dont Christophe Ruggia, qui en a été l’un des vice-présidents puis le coprésident.
Recueillant 800 signatures en 24 heures, l’Appel de Calais a été publié dans Libération le 21 octobre. Nous avons voulu revenir sur cette initiative, close le 8 mars avec un texte intitulé « La défaite de Calais [^1] ».
Quel a été l’élément déterminant qui vous a fait rédiger cet appel ?
Christophe Ruggia : Un article écrit par quatre médecins de Médecins du monde, publié dans Le Monde en octobre 2015, témoignant de ce qui se passait à Calais et des conditions déplorables dans ce qui n’était pas encore un bidonville mais un campement.
À ce moment-là, nous, qui faisons tous partie du Collectif des cinéastes pour les sans-papiers, avions eu une année riche en luttes : il y avait eu les 18 coiffeurs sans-papiers du 57 boulevard de Strasbourg, les démantèlements des camps de réfugiés du boulevard de La -Chapelle, les Syriens de la porte de