Macron et son image de marque

Emmanuel Macron marche désormais sur l’eau.

Christophe Kantcheff  • 13 avril 2016
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Macron et son image de marque
© FRANCOIS LO PRESTI / POOL / AFP

Emmanuel Macron n’est ni une sardine à l’huile ni un cheeseburger. À première vue, je sais, on peut s’y tromper. L’agence de publicité du nom de Jésus et Gabriel qui a concocté le clip de lancement de son parti, En marche !, est en effet portée sur « la bouffe » (selon son propre terme). Elle se vante de compter parmi ses clients Quick, les pizzas Del Arte ou la conserverie Parmentier. Rien que du bon. Elle s’occupe désormais de la communication d’Emmanuel Macron. Et pas n’importe comment. Chez Jésus et Gabriel, on soigne son catéchisme : « Nous refusons les effets de mode et la pensée éphémère, lit-on sur son site. En artisans, nous défendons les écritures durables pour les marques, et en stratèges, les vérités qui ont la vie longue. » Emmanuel Macron, ce produit fait pour durer… « Chacune des signatures des marques que nous défendons, poursuit la profession de foi, raconte une histoire qui en dit long sur elles et sur la réponse pertinente qu’elles apportent à leur époque. »

Justement, la réponse qu’Emmanuel Macron apporte à son époque est synthétisée par ce clip. On sait ce qu’il en est grâce au « Petit Journal » de Canal +. Du toc et de la copie. Des images d’agence avec des Autrichiens et des Américains, et le portrait d’une jeune Noire pris chez Bernie Sanders. Le cofondateur de Jésus et Gabriel, Adrien Taquet, s’est défendu en prétendant que tourner un tel film en France aurait coûté « 1 million d’euros » – un gros mensonge. Et que « ce qui compte, c’est le fond du propos » – un aveu d’inutilité. Difficile d’être plus sévère envers sa corporation, dont la vocation est précisément de mettre en forme. Reste au Taquet à découvrir qui a tout déballé aux journalistes, ce Judas chez Jésus et Gabriel…

Emmanuel Macron, qui « a ringardisé la politique » selon l’expert en la matière Christophe Barbier, marche désormais sur l’eau. 13 000 adhérents à son parti en quelques jours grâce à un clip d’illusionnistes et à une inscription gratuite, n’est-ce pas miraculeux ? Mais attention aux apparitions douteuses et au verbe qui ne se fait pas cher. Quand il se targue d’incarner un « nouveau souffle », il fait un bruit de courant d’air. Le « brillant » ministre de l’Économie, ce rien du tout doré sur tranche, vient d’accéder à une nouvelle dimension. Celle du néant pailleté.

Culture
Temps de lecture : 2 minutes
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