Laurence Parisot remise à sa place par des écrivains

Quand l'ancienne présidente du Médef use d'arguments erronés et méprisants…

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Laurence Parisot, comme souvent, aurait mieux fait de se taire. Dans une tribune publiée par Libération le 19 mai, l’ancienne présidente du Medef justifiait ainsi son refus de signer l’appel à limiter la rémunération du Cac 40 : « un cadre dirigeant d’une entreprise non cotée et qui gagne 10 millions d’euros passerait sous le radar ; un artiste qui gagne 20 millions par an et qui utilise tout au long de l’année sans vergogne les services d’intermittents ne serait pas concerné ; un écrivain à succès qui empoche 1,8 million de droit d’auteur et qui ne fait travailler personne ne serait pas concerné ; etc. ».

Incompétente et méprisante !, lui répondent en substance de nombreux écrivains (Hélène Cixous, Annie Ernaux, Pascale Fautrier, Camille Laurens, Bertrand Leclair, Lydie Salvayre, parmi bien d’autres) dans un texte commun, publié par L'Humanité des 27, 28 et 29 mai. Tout en déplorant ce présupposé que dévoile la prose de Laurence Parisot – « pour ces “vrais-gens-qui-font-travailler-les-autres”, l’écrivain n’est pas un acteur économique » – les auteurs de la tribune dénoncent « cette rationalisation économique qui réduit le livre à un statut d’objet de consommation et l’auteur à la brutalité de ses chiffres de vente » qui, ajoutent-ils, « est suicidaire à long terme ». « Que devient l’écrivain, au fond, dans un monde où la valeur des êtres et des choses se réduit aux seuls critères marchands, un monde où celui qui ne s’inscrit pas dans les rapports de domination et de servitude n’existe pas ? » La question, pertinente, atteindra-t-elle Laurence Parisot ?

Texte intégral et à signer sur L’Humanité.fr


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