Loi travail : «La pire des choses est d’accepter sans se battre»

Alors que la politique du gouvernement continue de se durcir et que la menace du 49.3 s’est confirmée en fin d’après-midi, la colère des manifestants s’exacerbe.

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Loi travail : «La pire des choses est d’accepter sans se battre»
© Photo : CHLOE DUBOIS / POLITIS

Contre la loi travail et son passage en force prévu par l’article 49-3 de la Constitution, près de cinquante mille personnes (CGT) ont défilé dans les rues de Paris ce jeudi 12 mai. Le ministère de l’Intérieur annonce de son côté près de 55.000 personnes sur l’ensemble du territoire, où près de 163 rassemblements se sont tenus.

Malgré la volonté d’imposer cette loi par tous les moyens, et usant pour cela d’une «mesure d’exception» auparavant décriée par François Hollande, les manifestants gardent le cap et continuent de réclamer le retrait de la loi. «Nous voulons croire que ce texte ne passera pas. Mais ce que l’on voit surtout ici, c’est que nous sommes dans une dictature», s’indigne Christine face la «répression» et à «l’utilisation du 49-3» par un gouvernement socialiste, alors que la gauche se mobilise depuis près de deux mois. Pour Léa, jeune étudiante et membre de la Coordination des étudiants d’arts en lutte, «tout a changé avec le 49-3», mais «ce que le gouvernement fait, la rue peut le défaire». Moins optimiste, Jean-Michel reste confiant, assurant simplement que «la pire des choses est d’accepter sans se battre» :

Au début de ce mouvement social, nous n’avions pas un maire travailliste à Londres, ni Nuit debout ou même Bernie Sanders… La loi travail n’est qu’une étape et elle nous permet de comprendre comment le gouvernement, qui ne loupe pas une connerie, procède.

Confusion dans le cortège

Émaillée de violences, cette manifestation risque cependant de marquer un point de rupture entre les manifestants, les organisateurs, et les forces de l’ordre.

«Afin d’apporter le maximum de sécurité et de garantir le bon ordre» de la manifestation la Préfecture de police a annoncé dans un communiqué publié dans la journée d’hier «les modalités les plus adaptées à son déroulement». Selon ce document, un certains nombres de décisions ont été prises avec l’accord des syndicats à l’initiative de la mobilisation (CGT, FO, Solidaires, FSU, l’Unef, et la Fidl), notamment «dans le but de faciliter une progression adaptée le long de son itinéraire». Le Préfet de police Michel Cadot a d’ailleurs rencontré les organisateurs avec qui il aurait fixé le parcours et décidé de «positionner une partie des forces de l’ordre» à l’avant du cortège :

Les personnes souhaitant participer à la manifestation sont invitées à se positionner derrière les organisateurs, qui ouvriront la marche, afin de permettre le travail des forces de l’ordre en cas de nécessité d’isoler d’éventuels casseurs.

Des mesures qui ont bien été appliquées et n’ont pas manqué de semer le trouble dans les rangs de la manifestation, où la confusion était de mise. Interrogés à ce propos, c’est une situation «particulière» que décrivent les manifestants qui ont vu la tête du cortège prise par les syndicats, positionnés derrière des rangées de CRS.

Ceux qui occupent d’ordinaire l’avant de la manifestation n’ont pas non plus manqué de réagir, exacerbant des tensions déjà bien présentes. L’AFP a d’ailleurs rapporté des incidents survenus entre certains manifestants et le service d’ordre (SO), qui aurait été pris a partie dès le début de la manifestation aux cris de «SO salaud, le peuple aura ta peau» ou «flics, SO, même combat», tandis que des «sources syndicales» ont annoncé une dizaine de blessés. Les tirs policiers ont également blessés des manifestants à l’intérieur ou en marge du cortège, notamment lorsque celui-ci a été divisé à l’issue de la manifestation par des tirs de grenades lacrymogènes.

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