Dossier : Que reste-t-il de l’esprit Canal ?

Que reste-t-il de l’esprit Canal ?

Depuis la reprise en main musclée de Vincent Bolloré, on s’interroge : en cas de fermeture de Canal +, qu’est-ce qui manquerait, que regretterait-on ?

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C’est tombé comme un coup de tonnerre. Le 9 mai, l’animateur vedette du « Petit Journal », Yann Barthès annonce via une dépêche AFP qu’il quittera Canal + à la fin de la saison. Pour la chaîne cryptée, il s’agit encore de l’émission la plus regardée sur ses grilles en clair (entre 1,1 et 1,4 million de téléspectateurs en moyenne). L’une des dernières à afficher ironie et impertinence, une volonté d’indépendance, à décrypter les travers des communicants et des politiques.

Depuis la reprise en main musclée de Vincent Bolloré, voilà un an, sur le groupe Canal, filiale de Vivendi, et dont il est président du directoire, coupant toutes les têtes de chaque secteur, et supprimant des émissions emblématiques, il ne se passe presque pas une semaine sans que Canal ne défraye la chronique, agite le paysage audiovisuel français. Quelques jours auparavant, c’était la vente annoncée de la chaîne d’info en continu, i-Télé, avant de rétropédaler deux semaines plus tard. Fin avril, devant les 400 millions de pertes enregistrées, l’homme d’affaires menaçait de « couper le robinet ».

Coup de bluff assurément, mais on peut s’interroger : en cas de fermeture de Canal +, qu’est-ce qui manquerait, que regretterait-on ? À côté de ses volets sport et cinéma, historiquement, la chaîne s’est distinguée par son esprit inventif et corrosif, sa liberté de ton, dépoussiérant le petit écran, en même temps qu’elle a décrédibilisé la politique à grand renfort de dérision, jusqu’à mettre tout sur le même plan, mêlant les genres, entre info et divertissement. Laissant ainsi une image et/ou un héritage ambigus.


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