Explosion de la pauvreté : les départements peuvent-ils encore faire face ?

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Le « ça va mieux » de François Hollande se cogne souvent à la réalité des chiffres. Preuve en est, la dernière enquête annuelle de l’Observatoire national de l’Action sociale (Odas). Réalisée sur l’année 2015, elle révèle « l’inquiétude » des départements, chargés, depuis les lois de décentralisation, de mettre en œuvre la politique sociale du pays – versement du RSA, des allocations attribuées aux personnes dépendantes, aide sociale à l’enfance…

En cause notamment, l’augmentation du nombre d’allocataires du RSA en 2015. Signe que la pauvreté augmente dans le pays, nonobstant l’augmentation en trompe-l’œil du pouvoir d’achat moyen des ménages français cette même année, quelque 49 000 personnes ont ainsi fait leur entrée dans un dispositif déjà en surchauffe : « Depuis 2009, date de la création du RSA, la charge d’allocation du RSA a été multipliée par six », explique l’Odas, qui pointe que les finances des départements n’ont, elles, évidemment pas été multipliées d’autant.

D’où cet inquiétant « effet ciseau », qui n’est pas nouveau, mais qui continue de s’aggraver : en 2015, la dépense nette d’action sociale des départements a progressé de 3,1 %, alors que l’État a continué de se désengager, baissant sa dotation globale de fonctionnement (reversée aux conseils généraux) de « 1,1 milliards d’euros en 2015, soit plus du double de celle subie en 2014 ».

Voilà donc la solidarité nationale qui se retire insidieusement pour laisser la place à une solidarité locale plus incertaine et inégalitaire. Dans la France de 2015, la pauvreté explose, et les départements n’auront peut-être bientôt plus les moyens d’en atténuer les effets.


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