L’homophobie tue

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Au moment d’écrire cette chronique, réaliser une recherche sur le fil des dépêches de l’Agence France Presse en tapant le mot « homosexualité » donne un résultat édifiant : toutes celles qui précèdent l’annonce du massacre commis dimanche dans une boîte de nuit gay à Orlando (Floride), aux Etats-Unis, évoquent l’homophobie tenace qui règne partout à travers le monde, à l’heure où, en ce mois de juin, les Gaypride sont organisées.

À Kiev, ce sont 700 militants des droits homosexuels qui ont défilé sous protection de « plusieurs milliers de policiers ». À Rome, on a manifesté pour des droits non encore reconnus : le mariage et la possibilité d’adopter les enfants naturels du conjoint. À Singapour, l’article 377a du code pénal considérant les rapports sexuels entre hommes comme un crime était visé par ceux qui se sont rassemblés. En Israël, la campagne richement dotée réalisée par le gouvernement pour attirer des étrangers lors de la Gaypride a été dénoncée comme « hypocrite » par la plus importante ONG de défense des droits LGBT du pays. Outre cette litanie de dépêches, rappelons que l’homosexualité est passible de la peine de mort dans une dizaine de pays dont l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, l’Afghanistan, l’Iran, la Mauritanie, le Soudan…

Si le tueur d’Orlando semble avoir fait allégeance à Daesh, son père a déclaré sur une chaîne de télévision que sa fureur a été déclenchée quelque temps plus tôt en voyant deux hommes s’embrasser devant sa femme et son fils. Aux États-Unis, où les homosexuels n’ont pas le droit de donner leur sang, y compris pour sauver les vies des blessés d’Orlando, les élus républicains préfèrent privilégier la thèse de l’attentat jihadiste à celle du massacre homophobe, eux qui entretiennent un abject climat anti-gays.

En France, certains ne déméritent pas non plus sur ce front. Christine Boutin a été condamnée à verser 5000 euros en décembre pour avoir déclaré que « l’homosexualité est une abomination ». Tandis que le porte-parole de la Manif pour tous avait appelé en septembre 2015 à combattre « le lobby gay » assimilé à un « Daesh de la pensée unique ». Ce même mouvement a osé ce tweet, dimanche soir : « Peine immense pour les victimes et les familles endeuillées. Nausée face à la haine et à la violence. #Orlando ». Parole de poison…


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