Dossier : A-t-on encore besoin des partis ?

A-t-on encore besoin des partis ?

Les partis politiques traditionnels sont désertés. Pourtant, on n’a jamais eu en France aussi soif de démocratie.

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Avec la loi travail, François Hollande n’a pas seulement sabordé son avenir politique. Une nouvelle fois, il a envoyé ce message glaçant aux citoyens : l’alternance ne sert à rien, donc la démocratie est… inutile. Le recours bis repetita au 49.3 pour faire adopter une loi rejetée par 7 Français sur 10 a fait déborder le vase d’une colère – qui confine au désespoir – jamais vue dans le pays. Colère froide de ceux qui appellent à boycotter la prochaine présidentielle, ou colère brûlante de ceux qui caillassent les représentants de l’État lors des manifestations. Chaque fois s’exprime le même refus de jouer un jeu qui n’a de démocratique que les apparences.

Corollaire de ce rejet grandissant de la classe politique : les partis traditionnels sont désertés. Devenus le symbole d’un monde politique coupé de la vie réelle, accusés d’être plus occupés à se regarder le nombril qu’à essayer de résoudre les problèmes des gens, ils apparaissent comme une impasse. Sur fond de profonde crise idéologique, le PS – ce qu’il en reste – est en première ligne : permanences vandalisées, appel « à ne plus jamais voter socialiste », annulation historique de son université d’été par peur des violences.

Certains responsables politiques ont bien compris qu’une (r) évolution des comportements est à l’œuvre. Mélenchon, Macron ou Hulot – avant de jeter l’éponge – et, à sa manière, Le Pen prennent leur distance avec le clivage gauche-droite et proposent un engagement en dehors des partis existants. « Populistes ! », s’écrient aussitôt les commentateurs, sans voir qu’ils passent peut-être à côté de l’essentiel : on n’a jamais eu en France aussi soif de démocratie.


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