La rue est à nous : Respirer

Et si les rues étaient autre chose que des lieux de passage ?

Pauline Graulle  • 20 juillet 2016
Partager :
La rue est à nous : Respirer
© Photo : MIGUEL MEDINA/AFP

Et si les rues étaient autre chose que des lieux de passage ? Asséchées par le capitalisme, les voilà réduites à des espaces sans vie que l’on traverse en courant – ou en vrombissant – pour aller au boulot ou courir les magasins. Quand elles ne sont pas vidées de leurs commerces au profit de ces zones blafardes en bordure d’autoroute. Dans la pollution ambiante, flâner sur les grands boulevards ressemble à un lointain souvenir. Et il devient de plus en plus difficile de s’bécoter sur les bancs publics, remplacés par ces assises individuelles aussi inconfortables que possible, dans la hantise que des « outsiders » – terme du sociologue américain Howard Becker désignant des « marginaux », mais qui se réfère aussi à « outside » – puissent y rêvasser, dormir, aimer… Bref, habiter le dehors ou y trouver refuge.

En 2007, la mégalopole brésilienne de Sao Paulo bannissait tout affichage publicitaire. « J’arrive finalement […] à voir vraiment Sao Paulo au lieu de la lire », constatait le cinéaste Fernando Meirelles.Contempler enfin l’espace et non plus se contenter de ­l’utiliser.

Société
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
Reportage 6 février 2026 abonné·es

À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »

Depuis plus d’une décennie, l’association Da So Vas dénonce des conditions de vie alarmantes sur l’aire d’accueil en bordure de Lille et demande des solutions de relogement. Ce lieu est devenu un symbole du racisme environnemental subi par les gens du voyage.
Par Thomas Lefèvre
La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés
Histoire 5 février 2026

La mémoire fragmentée des enfants d’immigrés

Marquées par les traumatismes de guerre, de racisme ou de pudeur, les histoires familiales des enfants issus des générations postcoloniales peinent à être partagées. Face à ces silences, les enfants héritent d’une mémoire fragmentée, et peinent à retrouver leur récit.
Par Kamélia Ouaïssa
Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression
Analyse 5 février 2026 abonné·es

Immigration : absents des plateaux, les premiers concernés créent leurs propres espaces d’expression

Les médias dominants, ou mainstream, semblent aborder encore l’histoire coloniale et l’immigration à travers un regard dominant. Podcasts, médias indépendants et plateformes numériques deviennent alors des lieux de contre-récit, de mémoire et de réappropriation.
Par Kamélia Ouaïssa